2008/05/11 21:45

Une autre réflexion sur la religion

J’aime beaucoup la blogueuse Zed Blog, la lire est toujours un exercice stimulant, Son style davantage évocateur que didactique qui porte à plus profonde réflexion est un vent d’air frais (d’air fou?) dans notre petit coin de la sphère politique. J’admire aussi beacoup la fougue de son idéalisme… même si je ne le partage pas en tout point.

Depuis mon retour en ligne, je dois avouer que ses textes et ses commentaires, ainsi que son initiative ont fourni l’étincelle derrière la plupart de mes réflexions bloguesques ces derniers temps… dont quelques billets qui n’ont pas été publiés, faute d’être à la hauteur des ambitions qu’elle m’inspire.

La plus récente étincelle viens d’un commentaire qu’elle a fait au sujet de ma dénonciation des “pasteurs” de John McCain. Plus précisément, de la phrase suivante:

Je ne connais aucune religion qui mette de l’avant les droits de la personne, aucune qui n’y contrvienne pas ou n’encourage pas d’y contrevenir.

Je reproduis ici ma réponse qui s’est avérée si longue que j’ai décidé qu’elle méritait son propre billet.

Ça résume assez bien ce qui me sépare de la plupart de mes contemporains au sujet de la religion… et donne un autre apperçu de ce que j’appelle mon conservatisme à moi.

J’ai une lecture très différente des religions que la tienne et celle de la plupart de mes compatriotes.

Bien que le concept de “droit de la personne” n’avait aucun sens dans les temps anciens, toutes les religions sont nées d’un élan et d’un désir sincère d’améliorer la condition humaine (semblable à l’esprit qui t’anime, je dirais) dans le sens d’une plus grande justice, dignité et bonheur pour tous. Il faut se remettre dans le contexte de leur naissance pour le comprendre.

Le concept même d’égalité entre les hommes et de la dignité fondamantale de tous les être humains nous vient tout droit des “grandes” religions.

(Le concept des “droits de la personne” est né dans un contexte d’éthique chrétienne… ne l’oublions pas - et je ne dis pas ça pour élever la religion chrétienne au dessus des autres… l’Islam est emptreint des mêmes valeurs et les expose d’une façon qui ressemble encore plus à notre conception moderne)

Le problème, ce n’est pas les religions, mais plutôt les idéologies. Une idéologie est un scheme de pensée fermé qui prétend expliquer la réalité et posséder la formule à suivre pour toute une société… adhérer à une idéologie, c’est s’opposer aux autres idéologies qui ne cadrent pas avec la sienne. En autres mots, prétendre à la vérité absolue.

Tu me diras que c’est la même chose (en pire) pour les religions. Ce à quoi je réponds: Seulement lorsqu’elles sont montées en idéologie par les hommes soucieux d’imposer une formule à suivre pour toute une société. Le danger vient de cet élan tout-à-fait humain (et sain) de vouloir refaire le monde lorsque cet élan n’est pas tempéré par le doute. Le danger, c’est l’utopisme.

Pourtant, malgré ce qu’on en croit, toutes les religions ont comme un de leur messages centraux, l’idée que la vérité absolue est insaisissable pour les humains… Que celui qui prétend la comprendre et pouvoir la livrer est toujours dans l’erreur… Que le mieux qui est donné aux humains est d’en entrevoir l’essence sans jamais la saisir… Que même si nous ressentons qu’elle existe… et qu’elle peut nous guider, nous devons toujours nous demander si nos actions et pensées vont dans le sens perçu de cette vérité à laquelle nous aspirons.

En autres mots, toujours se remettre en question.

Combien d’idéologies peuvent en dire autant?

Ceci dit, la fin de ton commentaire touche au réel bobo.

La cupidité humaine.

Un élément de notre nature que les religions ont justement eté concues pour atténuer (non sans succès, à mon avis). Même si leurs institutions en sont victime.

Un élément de notre nature contre lequel tu t’insurges et c’est tout à ton honneur.

Seulement, je ne vois pas en quoi l’absence de religion améliore cet élément, au contraire.

(Je souligne ici le fait que les pires atrocités de notre histoire ont été commises non pas au nom d’une religion, mais au nom d’idéologies laïques qui se voulaient “libérées” des contraintes morales de la pensée religieuse)

Et, comme c’est toujours le cas dans les cycles de l’Histoire, même tous les idéaux progressistes que tu prône et qui sont, je le consent, nécessaire à l’amélioration du monde de demain, finiront éventuellement par être érigés en dogmes que manipuleront des hommes cupides pour servir leurs propres intérêts… et qu’il faudra combattre avec de nouvelles idées

“The creatures outside looked from pig to man, and from man to pig, and from pig to man again; but already it was impossible to say which was which.”
- George Orwell, Animal Farm

On ne peut pas changer notre nature… on ne peut (et on le doit) qu’y aspirer.

Ça aussi, c’est un des messages centraux des religions qu’il nous ferait bien de ne pas oublier dans notre zèle à vouloir changer le monde à tout prix.

Et je rapelle à mes lecteurs que je ne suis pas particulièrement religieux (quoique beaucoup plus spirituel que je l’ai été) et n’ai pas été élevé dans quelque forme de religion que ce soit. À mois que ceci ne compte.


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Un commentaire sur “Une autre réflexion sur la religion”


  1. Zed Blog dit:

    Cher Alain,

    Comment te remercier pour tes bons mots… Je ne vois qu’une manière, prendre le temps de répondre à ton commentaire et continuer nos conversations.

    J’adore les sciences. En science, on sait que l’expérimentateur/trice porte aussi des lunettes « idéologiques » notamment. Que la vérité objective n’existe pas. On émet des hypothèses, on construit des modèles et on tente d’en vérifier la justesse, toutjours partielle et éphémère. Je suis une constructrice de modèles théoriques, qui pose des actions et qui, tu l’as remarqué, ne donne pas dans le didactique. Les deux côtés de la rue, c’Était ce que j’arrive à faire de mieux coté philosophie didactique. Hihihi! Mon message c’est ne rien faire, c’est faire. La neutralité n’existe pas.

    Les religions sont des idéologies et parfois des idéologies qui voudraient ou prétendent se situer à l’extérieur d’elles érigent aussi des dogmes, des vérités absolues, et infligent haine et souffrance. Cette démarche est elle-même contraire à l’esprit scientifique et à l’avanceent scientifique des connaissances.

    L’éthique, c’est à dire les comportements favorisant le respect de soi et des autres, le fonctionnement individuel et social, l’un articulé avec l’autre, le second déterminant, à partir de sa structure économique et politique et… idéologique le premier, ne doit pas être confondue avec la religion. Mais toutes les pensées sont nécessairement traversées par des idéologies.

    La remise en question dont je parlais dans mon avant-dernier billet, c’est ça. Puis, un bouillon, mais on n’en jette pas constamment la base; on ne change pas d’idée en girouette, mais en se questionannt, ne s’assoyant jamais sur ses lauriers, sachant que tout bouge tout le temps, nous avec. Quand on fait ça, on dérange. Et on apparait comme étrange-er, non bienvenu pour ue foule de gens. Quand on fait ça on recherche le débat sur la base de valeurs de base (c’est la base du bouillon, ça).

    Les religions sont nées du besoin de comprendre le monde, l’environnement, de se sécuriser, de se donner l’impression d’un contrôle sur cet environnement, sur l’inconnu. Je crois que tu idéalises beaucoup la naissance des religons et sous-estiment énormément les intérêts derrière, même anthropologique, comme la reproduction de l’espèce et pour cela, l’élimination des plus faibles, physiquement et symboliquement, et le contrôle de l’environnement pur assurer survie et sécurité.

    Les sciences nous apprennent que de repousser les questions fondamentales une coche plus loin ne résout pas le problème et ne donne pas la vérité, ni la solution magique. Les religions sont aussi empreintes des idéologies et des lunettes de l’époque de leur conception et engagent des comportements sociaux liés à ces idéologies, aux conditions économiques, politiques, idéologiques de l’époque.

    Le problème est qu’en l’absence d’éducation, on puisse encore de nos jours imposer des idéologies sans rapport avec les connaissances sicntifiques contemporaines (une xemple comme ça, le créationnisme, revenu à la mode), selon le bon vouloir d’une poignée de dirigeants, purement intéressés par leurs intérêts personnels, (reproduction génétique donc, pouvoir, argent, bref, contrôle).

    En Iran, on voile et on dévoile. En ce moment, et suivant une période un peu plus libérae, la police circule dans les rues afin de punir les femmes « mal voilées. Je n’entrerai pas dans ça car j’en parle énormément chez moi. De tout ça, de toute manière. Des valeurs du Moyen-Âge, liées au climat (tempêtes de sable et au désir masculin de contrôler la reproduction génétique qui lui échappe étant donné qu’il ne peut enfanter, font qu’on impose aux femmes et aux hommes des idéologies qui n’ont plus leur place, ni pour un sexe ni pour l’autre.

    L’utopie est le projet idéalisé que l’on modélise, le but que l’on se fixe, qui doit être modifié, comme l’est un modèle scientifique, lorsque l’expérience démontre ses failles. On sait bien qu’on ne l’atteindra pas et ce n’est pas son but non plus.

    Idéaliste? Pleine d’esoir entêté, oui. Idéaliste? Plutôt bien découragée de la majorité des humains.

    Quand on se connaitra mieux, je t’offrirai, si tu es d’accord, une tisane très longue à boire, pour que nous discutions en personne. C’est long d’écrire et plus je te connais, plus j’apprécie ton ouverture d’esprit (pour ne pas parler de ta grande gentillesse). Sache que ma grande amie interroge les fées avant de planter ses tomates. Et je l’adore. Je l’a-do-re. Depuis des lunes et des espacess sidéraux. Je traduis sa manière de pensée, ses valeurs, ses attitudes, ses croyances, nullement en contradition avec les valeurs fondamentales auxquelles je crois, dans mes mots. Pas difficile quand on aime, qu’on respecte.

    Tant que les droits de la personne (moins la religion et les croyances les niant) sont respectés, je suis partante. J’aime les gens. Les différences, boffff… au fond. Et ça me brasse et j’aime ça être dérangée, même qand pour quelqes instants je grogne. C’est comme mettre de l’acool sur un bobo. :)))

    On peut changer notre nature jusq’au moment où on meurt. J’étais il y a encore quelques mois, une maladivement, mais là maladivement timide, fuyant le 3D (non pas le 3D informatique… Le « en personne », archi sauvage) Il a bien fallu que je change car j’étais en train de crever. Des amis virtuels m’ont accompagnée là-dedans. certains que je vais rencontrer cet été, avec un tel bonheur. Et j’ai changé. J’apprécie la spontanéitié, l’imprévu, la dernière minute, tout ce qui me faisait peur avant. C’est chouette le changement. C’est antidogme! :)))

    Amicalement, Zed :) (Les coquilles ne manqueront pas; impossible de prévisualiser. Désolée!)

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