Archives du 30 April 2008

2008/04/30 21:11

Les couilles de Mme Clinton

Une intro qui défie les genres:


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2008/04/30 18:59

Un manque de jugement diabolique

Lisez-vous le journal?

Non, non, pas sur Internet. Je veux dire le vrai journal. Vous vous rappelez, celui qu’on fabrique à partir d’arbres morts?

Si vous êtes un de ces nostalgiques d’une époque mourante et que vous avez encore La Presse d’hier (le mardi 29 avril), faites cet exercice: Allez la sortir de votre bac de recyclage (ahem, j’espère que vous avez un bac de recyclage, au moins) et ouvrez la grand à la page 5 du cahier A.

Alors vous l’avez devant vous? Vous voyez? C’est quand même grave, n’est-ce pas?

Comment? Vous dites que vous ne faites plus couper d’arbres pour obtenir votre information? Wow, Félicitations! Eh bien, je vais vous raconter:

La page A5 de La Presse d’hier est dédié à une seule histoire. Celle de Josef Fritzl, ce monstre qui a séquestré sa fille dans sa cave pendant 24 ans… [j'ai peine à taper ces mots]

[Grand respire]

Cette histoire n’est pas le sujet de ce billet.

Je disais donc que le 2/3 de la pleine page est occupé par cette inimaginable histoire de pédophilie incestueuse la plus horrible qui soit… sous le titre:

Un scénario diabolique

50% de l’espace occupé par l’article (un amalgame de l’AFP et de l’AP que je n’ai pu trouver sur Internet) l’est par deux photos; une de la tronche du monstre et une autre de la prison (aucun mot n’est juste) maudite qui évoque clairement la claustrophobie de l’endroit.

L’autre tiers de la page, en bas, est dédié à de la pub.

La moitié gauche contient plusieurs trucs que personne ne remarque à moins qu’ils ne les cherchent: Une “étampe” ronde de Solarium Servitech, “les experts au Québec” (experts en… solariums, j’espère), un petit rectangle qui réussit à contenir tous les résultats récents de Loto-Québec (j’avais jamais remarqué) et un coupon pour participer à la “Méga-loterie: Oui, j’appuie le Chum!” Méga-loterie, la loterie qui change le monde!

Mais c’est plutôt vers la moitié droite du bas de page que nos yeux sont attirés. Cet espace là est occupé par une pub de ce joyaux de Québec qu’est la maison Simons® pour “Le legging bermuda” à 9.99$. Pub qui est dominée par une photo d’une jeune et tendre enfant à peine pubert dans une position suggestive, le doigt à la bouche. [Dang! Why do they do this to me?] Photo qui occupe un espace a peu près équivalent sur la page à celles de l’article sur le monstre.

J’ai trouvé la pub en question, vous pouvez la voir ici

Pub Simons

Bon. Même pour ceux qui disent bof, avouez que c’est de très mauvais goût et que ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre que ça pose problème.

Des problèmes comme recevoir des courriels de gens comme une copine de secondaire à moi que j’ai retrouvé grâce à Facebook (Vive Facebook!) et qui a porté cet événement à l’attention de l’internaute non-papier que je suis.

Des problèmes qui nous forcent à rédiger des réponses du genre:

Bonjour,
Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous écrire et respectons votre opinion sur la présentation de la page à laquelle vous faites référence.

À titre indicatif, les ventes publicitaires et la salle de rédaction sont deux entités distinctes. Ainsi, les annonceurs réservent des espaces plusieurs jours à l’avance alors que l’équipe de la rédaction décide chaque jour du contenu de son espace en fonction de l’actualité. L’ensemble des pages du journal étant monté en parallèle, il n’est malheureusement pas toujours possible d’effectuer des changements de dernière minute.

Nous regrettons le désagrément occasionné et vous assurons que vos commentaires seront pris en considération.

Salutations cordiales,
Isabelle; pour l’équipe de La Presse

D’oh!

Mais au-delà de l’erreur bête et inévitable… Après tout, qui est vraiment à blâmer, ici? Cette pub en soi, dans le contexte sociétaire actuel, peut probablement être justifiée. (je serais presque capable de le faire) Et le lien direct entre cette pub et la pathologie du monstre en question est un dangereux raccourci qui évite une réelle analyse… je le consent.

Mais je me permet quand-même, en soulignant ce contraste, de questionner le degré auquel nous avons permis à la suggestion sexuelle de pénétrer l’espace public commun. Et de me demander si nous n’allons pas trop loin dans la permissivité au nom d’une liberté qui n’est pas vraiment nié à qui que ce soit.

Et ceci, de la part d’un dépravé sexuel de la pire espèce (qui commence à se dire qu’il est important de créer une barrière plus étanche entre ce qui est normal ”entre adultes consentant” et ce qu’on permet de laisser ”à la vue des enfants”).

Je reviens au questionnement de mon dernier billet:

Où est l’équilibre?


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