2008/02/07

Le cauchemar de Howard Dean: Prologue

Ceux qui connaissent l’ancien gouverneur du Vermont, Howard Dean, le connaissent surtout parce qu’il était le candidat démocrate anti-guerre qui semblait avoir le vent dans les voiles au début des primaires de 2004. Sa flambée instantanée (surtout causée par une enflure médiatique complètement injuste autour d’un cri de travers) fait maintenant partie du folklore politique américain.

Aujourd’hui, Dean est le chairman du Demotratic National Commitee ou DNC, la plus haute instance parmi les officiers du parti. (Chez nous, on dirait quelque chose du genre, président du conseil executif du parti.) Cela fait aussi de lui le responsable et président du congrès national démocrate qui se tiendra à Denver à la fin août. C’est là que se réuniront les délégués de chaque état afin de nommer le candidat démocrate à la présidence.

Pauvre Howard. Il ne doit pas très bien dormir ces jours-ci… un scénario commence à se dessiner autour de la course démocrate… un scénario d’une telle complexité que je ne pourrai vous l’exposer qu’en le le disséquant sur plusieurs billets… un scénario dont l’issue est si incertaine et si remplie d’embûches à chaque détour, si potentiellement explosif… qu’il fera tout en son pouvoir pour l’éviter.

Que craint Howard Dean plus que tout au monde? (Sauf une victoire républicaine…) Il craint que le congrès national démocrate s’ouvre, le 25 août prochain, sans qu’aucun des deux candidats n’ait réussi à obtenir le 50% plus un du total requis parmi les délégués commis.

Explications techniques: Le congrès qui nomme le candidat est constitué d’un total de 4 049 délégués. (Un candidat doit obtenir au moins 50% plus un des délégués, soit 2 025, pour décrocher la nomination.) De ce total, 3 253 sont des délégués commis, c’est à dire les délégués qui auront été sélectionnés dans chaque état tout au long du processus des primaires et des caucus et qui doivent se prononcer en faveur du candidat pour lequel ils ont été sélectionnés. Les autres 796 sont des délégués non-commis, communément appelés superdélégués. Les superdélégués sont composés des élus et officiers du parti et bien que plusieurs se déclarent publiquement en faveur d’un candidat ou un autre en l’endossant ou en faisant campagne pour lui, rien dans les règles ne lie leur vote à l’avance lors du congrès.

Il est donc possible et même probable, si la lutte continue à être aussi serrée, que la nomination se joue sur le plancher du congrès. (Comme ce fut le cas chez-nous, lors de la dernière course à la cheferie Libérale.)

En théorie, c’est ce qui est supposé arriver, le système fut pensé de cette façon…

Sauf que voilà, depuis que ce système fut pensé (dans sa forme actuelle), ça n’est jamais arrivé comme ça! un candidat a toujours réussi à obtenir la majorité absolue parmi les délégués commis avant de se rendre au congrès… Ce qui fait du congrès un géant pep rally où l’on couronne le candidat.

Pas cette fois-ci.

Mais pour vraiment comprendre ce qui fait perdre du sommeil à notre pauvre ami Howard, il faut commencer par remonter aux origines… aux évenements qui donnèrent naissance au système de primaires moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui… à un temps et à des évenements que les démocrates préféreraient oublier…

Il faut remonter à 1968.

(à suivre)


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