2007/12/03 12:55

Commentaire de l’année

Puisque nous sommes en décembre et que l’heure est aux bilans de l’année (et que je n’ai pas d’autre inspiration pour un titre), je vais faire fi du fait que ça ne fait que trois mois que je me suis pleinement immiscé dans la sphère locale pour vous faire part du commentaire qui m’a fait le plus chaud au coeur de recevoir depuis que j’ai démarré ce blogue.

Il s’agit d’un commentaire que j’ai reçu ici cette semaine de la part de M. Bergeron, un «franco-américain du Maine» qui vit maintenant en Californie.

Voici le commentaire dans son intégralité (l’ajout d’hyperliens est de moi):

M. Bergeron a dit…Bonsoir à tous!

Je viens tout juste de trouver ce blogue, c’est très sympa. Je suis un franco-américain de l’état du Maine, maintentant habitant en Californie. Le Québec me fascine depuis toujours, étant la terre de mes ancêtres, laquelle je n’ai eu malheureusement que deux occasions de visiter. Mais j’y serai l’an prochain en été, bien sûr, pour les festivités du 400e à Québec. Je lis plusieurs blogues québécois quotidiennement, comme celui-ci, celui-là de Renart (très sympa aussi, mais je suis très nouveau là, et Renart a beaucoup à dire) et aussi L’homme en colère de Louis qui me plaît beaucoup particulièrement pour les discussions chauffées dans les commentaires. En fait, je viens de lire votre billet ou lettre ouverte traitant sur quoi faire pour sauvegarder le fait français au Québec et ailleurs dans le ROC (j’aime cette expression, je dois l’avouer). Je dois vous dire, il faut le faire. Si vous regardez au sud, où vous trouverez beaucoup plus de gens de souche française que chez vous, mais presque aucun qui parle toujours le français quotidiennement ou couramment vous pouvez voir le sort qui vous attend si vous ne faites rien contre l’anglicisation lente de votre coin du monde. Et vraiment c’est une honte. Ma grand-mère était élevée bilingue, mais n’a pas parler à ses enfants en français, et beaucoup de qui nous sommes comme une famille était perdu. Mes parents, tous deux francos ethniquement à moins en part, m’ont élevé moi aussi seulement en anglais et ce n’était que quand je suis allé au lycée (ou High School comme nous le nommons ici) que j’ai commencé à apprendre une langue dont j’ai entendu des petits brins en enfance, mais aurai dû toujours posséder parce que d’être bilingue est un atout comme je suis sûr que vous en convenez. En plus, il me permet de sentir une connexion au Québec, à l’Acadie (un de mes amis, d’il y a dix ans était originaire de Madawaska, et lui et moi, nous causions en français de temps en temps) et à la France qui ne serait pas là si je ne parlais que l’anglais.

Alors, je suppose que j’ai pris assez d’espace dans vos commentaires, et j’arrêterai ici en disant merci pour le blogue, c’est bon fun de le lire.

Salut!

M. Bergeron, je ne peux pas assez vous dire à quel point votre commentaire m’a fait du bien… Le simple fait de savoir que vous me lisez vient valider les motivations qui m’ont poussé à ouvrir ce blogue et qui continuent à me pousser à y travailler sérieusement. Vous ne pourrez jamais prendre trop de place dans cet espace qui s’est toujours voulu un lieu de réflexion sur l’état de toute la francophonie nord-américaine dont vous êtes, selon moi, un des phares les plus lointains. Je vous en prie donc de ne jamais hésiter à y apporter votre point de vue particulier, il a du poids ici.

J’ai déjà écrit, dans un des premiers billets que j’ai publié que…

Je suis à la recherche des éléments ou des bases autour desquels pourrait se former un nouveau sentiment d’appartenance, un mouvement d’affirmation, un nationalisme même, qui réunirait toute la francophonie nord-américaine. Car je crois que dans le paysage mouvant de la mondialisation et de la démocratisation de l’information que nous annonce l’avenir, dans ce monde ou l’État perd de plus en plus son rôle en tant que pôle central de l’identité collective, il est impératif de réunir la nation francophone d’Amérique autour d’une idée commune de son destin qui transcende la simple notion de souveraineté de l’État québécois.C’est là, à mon avis, que se trouve la clé, non pas de la survivance de cette nation, mais de son épanouissement.

Voilà la plus fidèle expression de la «mission» (bien ambitieuse) que j’ai voulu donner à ce blogue. Votre commentaire l’a réaffirmée pour moi et pour cela, je vous remercie du fond du coeur.


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3 commentaires sur “Commentaire de l’année”


  1. Renart L'éveillé dit:

    J’acquiesce à ce choix qui te représente très bien. Ce commentaire m’a impressionné aussi.


  2. Arnold S. dit:

    Tu écris : “…un nationalisme même, qui réunirait toute la francophonie nord-américaine”

    C’est malheureusement ce qui existait avant que le délire social-péquiste “progressiste” des années 60 ne vienne détruire ce qui a pris des siècles à construire.

    Le peuple français d’Amérique, voilà notre véritable nation.

    M. Bergeron est très gentil de nous aider de remettre les pendules à l’heure.

    Arnold S.


  3. M. Bergeron dit:

    Umm, wow. Merci. Je ne sais que dire. Vous êtes tous très gentils. Je ne pensais pas que mon commentaire serait même remarqué.
    Puis-je vous suggérer la lecture d’un article dans L’Actualité (en ligne) que je viens de lire hier soir qui touche sur la place du Québec (jadis vide) en promotion de la langue française en Amérique du Nord:

    http://www.lactualite.com/quebec2008/article.jsp?content=20071130_092931_5120

    J’espère que l’URL sera publié, je ne suis malheureusement pas un magicien de HTML. En tout cas, bonne lecture. Et, M. Berger merci beaucoup pour les gentils sentiments à mon égard et pour votre blogue qui me donne des heures de plaisir à lire.

    Bonne journée à tous!

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