Archives du mois de November 2007

2007/11/20 23:20

Fin de l’absence…

Allo les amis! Je sais que ça fait un petit bout que je ne vous ai pas donné de nouvelles… et que je ne vous ai pas avisé du congé… appelons ça une période de ressourcement, j’avais besoin d’un break. Sauf que je ne sais pas si vous pouvez comprendre, mais de publier quelque chose pour vous en aviser aurait réouvert les vannes et je n’aurais pas pu vraiment m’arreter comme je l’ai fait. Que voulez-vous, la discipline personnelle n’est pas mon fort.

Mais voilà, je suis de retour. J’ai l’intention de ne pas publier au même rythme qu’avant… mais comme je vous dis: Discipline personnelle… on verra.

Ceci dit. La commission Bouchard-Taylor passait par mon patelin de Côte-Des-Neiges ce soir et j’y était. J’ai même passé à la télé. Et en plus, j’ai l’extrait! Je suis à l’encoder et il sera sur YouTube d’ici peu…

Je vous prépare un petit billet là-dessus mettant en vedette mon “2 minutes.”

Glp…

En espérant que de me voir parler ne ruinera pas l’idée que se font de moi les lecteurs de ce blogue.

Enfin… Alea jacta est.


Billets similaires

2007/11/12 22:35

Le dollar canadien et le pot

La force soudaine du dollar canadien ne fait pas seulement mal à nos exportations légales… la majorité de la culture illicite de marijuana canadienne est destinée au marché américain. Sauf que la flambée soudaine du dollar vient de faire disparaitre les marges de profit des opérations de trafic au point qu’elles ont presque complètement cessées.

Conséquence, le gros de la “récolte d’automne” qui était destinée à nos voisins du sud se retrouve à inonder notre marché…

Hmmm…

Avez-vous remarqué une baisse dans le prix (ou une augmentation dans la disponibilité) de la mari recemment?

Source: Helena Independent Record via The Daily Dish


Billets similaires

2007/11/12 20:47

L’art du discours politique

Des nouvelles de l’autre coté de mon cerveau…

Il y a une vieille tradition en politique américaine, du coté Démocrate, de tenir un souper bénéfice annuel à travers le pays afin d’amasser des fonds pour les associations locales du Parti Démocrate. On nomme cette journée (tenu à une date plus ou moins arbitraire à chaque année) Jefferson-Jackson Day En l’honneur de deux grands présidents démocrates de l’aube de la république, Andrew Jackson et Thomas Jefferson.

Mais une fois tous les quatre ans, en Iowa, quelque temps avant les Iowa Caucuses, l’étrange processus démocratique par lequel l’état, avant tous les autres, choisi lequel des candidats à la presidence il appuiera, le souper bénéfice de la capitale, Des Moines, est un gigantesque évenement qui réunit tous les candidats démocrates qui doivent tour à tour faire un discours.

L’évenenement réunissant 9000 personnes se tenait samedi dernier et depuis, tout le monde ne cesse de parler du discours de Barack Obama qui, semble-t-il, a volé la soirée.

À date, le candidat (mon favori) décevait lors des débats… pendant que Hillary Clinton impressionait sérieusement. Et jusqu’au dernier débat, où elle s’en est plutôt mal tirée, le narratif médiatique ambiant était que sa place comme candidate à la présidence était assurée. Chose qui se vérifiait dans les sondages.

Mais depuis le dernier débat, Mme Clinton semble perdre du terrain au profit d’Obama en Iowa et au New Hampshire, les deux premiers états à se prononcer dans le processus et donc traditionellement les plus importants.

La campagne de M. Obama, qui jusqu’à récemment trainait de la patte derrière Mme Clinton, n’ont cesse de dire que cette course est comme un marathon et que leur candidat conserve ses forces…

Je crois qu’il vient de se lancer dans un sérieux sprint.

M. Obama, recrue plutôt inconnue lorsqu’il donna ce discours si mémorable au congrès d’investiture de John Kerry en 2004, fut depuis entrevu comme un candidat potentiel sur la force de ce seul discours et du message incarné par celui qui l’a livré.

Samedi soir, il a rappelé à ses partisans (et à tout le monde, je crois) ce qu’ils ont vu en lui:



YouTube - Barack Obama’s Speech at the Jefferson Jackson Dinner

Quel discours! Il me semble que ma génération n’a pas encore connu de politicien aussi inspirant… je croyais que c’était quelque chose d’une autre époque… Décidément, M. Obama est taillé pour les grandes foules.

En souhaitant qu’il sache exploiter ce nouveau momentum.


Billets similaires

2007/11/12 18:10

Politique et intégrité

Je vous ai laissé un peu en suspens depuis vendredi soir. En fait, la journée de samedi était beaucoup trop intéressante pour que j’aie le temps de vous écrire. Puis, quand est venu le temps de réfléchir à ce que je pourrais bien vous dire d’intéressant sur ce qui s’est passé à ce congrès, autre que de répéter ce qu’en ont dit les médias, je me suis rendu compte que les seules choses vraiment intéressantes que j’avais envie de vous dire étaient des anecdotes de coulisse et des impressions qui seraient inévitablement reprises (et trafiquées) par les médias sous l’angle: “Un militant révèle que…” ou “Un militant critique le parti…” ou quelque chose du genre.

Continuer la lecture…
J’avoue avoir été tenté par l’idée du trafic que ça aurait pu apporter à mon blogue, mais je m’en voudrais d’aider les médias à taper injustement sur un maire et un parti qui, selon moi, ne le méritent pas.Autrement, je pourrais vous dire plein de bonnes choses sur ce parti… qu’il commence enfin à avoir une certaine maturité… qu’on a enfin l’impression qu’il appartient à ses militants… que la commission des jeunes prends enfin sa place… et que les vieux en sont heureux.Je pourrais vous dire que je crois que nous avons en place la meilleure administration municipale de l’histoire moderne… que je trouve que Gérald Tremblay est l’homme qu’il faut pour mener la métropole à bon port. Je pourrais vous dire plein de choses du genre et je serais sincère.

Mais en tant que militant, quelle crédibilité puis-je avoir?

Je suis incapable de vous en parler sans me censurer dans l’intérêt du parti et cela me coupe d’un sens d’intégrité qui semble être essentiel à ma capacité d’écrire (publiquement).

Je n’ai pas encore réussi à résoudre ce conflit interne…

Mais ça m’empêche de bloguer.

J’ai donc décidé de ne pas en parler et de passer à autres choses.


Billets similaires

2007/11/09 19:12

Congrès d’Union Montréal: Je m’ennuie

Quel ennui les amis… la démocratie n’est pas toujours passionante. La journée intéressante sera demain, lorsque nous discuterons des propositions au programme. Ce soir, nous avons élu un membre du conseil exécutif, (les autres postes n’étaient pas contestés) nous nous sommes tapé le rapport du DG et du “représentant officiel”… Et nous sommes à “débattre” et à adopter les modifications proposées aux “statuts du parti” [Insérer image de quelqu'un qui baille aux corneilles]

J’ai au moins fait la rencontre d’un compatriote blogueur, Louis-Joseph Benoît, un jeune homme charmant.

En espérant que le “cocktail” qu’on nous promet pour clore la soirée saura me réveiller.


Billets similaires

2007/11/09 19:00

En direct du congrès

19:06 : Je n’ai pas vraiment le temps de vous parler… on se demande où je suis. J’ai trouvé une connection gratuite (à condition de passer par une pub initiale) mais je dois aller à l’autre bout de l’édifice pour y accéder. [soupir] À quand le jour où l’idée d’installer une connection internet sans-fil spécialement pour les congressistes ira de soit? Enfin…

Si j’ai le temps je vous livrerai mes impressions…

Je retourne… c’est silencieux tout d’un coup… je crois que ça commence.


Billets similaires

2007/11/09 16:01

Congrès Union-Montréal

Je serai au congrès d’Union-Montréal toute la soirée et toute la journée demain. Je ne pourrai donc pas m’adonner à bloguer à mon rythme habituel. Peut-être vous enverrais-je quelques missives en direct du congrès, si j’ai accès à une connection sans-fil décente… sinon, je vous en parlerai dimanche.

À bientôt.


Billets similaires

2007/11/09 15:00

Le zèle du converti

Mon cheminement personnel en est un d’ouverture grandissante à la religion. Mais j’avoue que des trucs comme ça me font réfléchir.

Ce blogue a beaucoup fait état, il y a peu de temps, de la prestation de l’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle.

Hier, un des extraits que j’ai mis sur YouTube ainsi que ce billet où je parle de l’Imam ont été “frappés” par les commentaires de cet utilisateur français.

Apparament, il s’agit d’un musulman qui s’est converti à une secte obscure, ultra-conservatrice et radicale, issue du catholicisme, qui ne reconnait plus la légitimité des Papes après Pie XII, les sédévacantistes. Je ne savais pas qu’ils existaient avant cela et je remercie donc ce visiteur d’avoir élargi mon éventail de connaissances.

Anonyme a dit…Grace à Dieu j’ai quitté l’islam,cette secte satanique qui ordonne le massacre des non-mahometans(9;29).

Continuer la lecture…

belle taqqiya d’omar.Dieu,Yasou3 al Masi7,nous dit dans La Bible Sa Parole qu’Il protege que satan se déguise en ange de lumière pour tromper les hommes.
et effectivement c’est un ange qui “donna” son coran(contraire à L’Injil) à mahomet le damné.

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit également que si quelqu’un vient à vous pour vous enseigner un autre evangile(coran soit disante confirmation de L’Injil) que Celui que nous avons reçu du Seigneur Jésus Christ,qu’il soit anathème!

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit aussi que le dernier prophete est Saint Jean Baptiste et non mahomet.

les Clés du Salut par L’Injil:

La Foi en Notre Seigneur Jésus Christ et le Bapteme au Nom du pere,du Fils et du Saint-Esprit.

ou tu te converties à La Vraie Foi,La Foi Catholique ou tu périras.

Amin Ya Rab!

Sedevacantisme,seul moyen d’etre Catholique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sedevacantisme

moussa abd al Nour

Wow!

Y’en a vraiment à toutes les saveurs, n’est-ce pas?

Je sais que plusieurs d’entre vous voudrons me dire que ceci illustre bien le danger et la folie des religions… Mais je persiste à n’y voir qu’une dimension de la folie humaine qui n’a pas nécessairement besoin de la religion pour se manifester… seulement de certitudes simples et rassurantes face à l’infinie complexité du monde. Ce qui, toute personne vraiment religieuse vous le dira, est le contraire de la foi véritable qui consiste plutôt à reconnaître notre incapacité à comprendre le mystère de la vie… la véritable foi est de s’incliner devant l’incertitude, pas de se réfugier dans des certitudes inviolables.

Mon implication en politique active, m’a permis de rencontrer ce genre de zèle idéologique, aveugle et certain de ses prémisses (au point d’en nier la réalité) tellement souvent qu’il est clair pour moi que, contrairement à ce qu’avance la majorité des “progressistes”, la religion est loin d’être la cause de ce phénomène. J’irais même plus loin en disant qu’étant donné que l’univers laïque ne propose rien de comparable en terme d’humilité face à l’inconnaissable, il est plus propice à engendrer le fanatisme que l’univers religieux.

——————————–

Ajout avant de publier: Je viens de m’apercevoir en préparant ce billet que la discussion continue de rager depuis hier avec ce radical sur la page YouTube… Je le laisse aller pour l’instant… j’aimerais avoir le temps de m’en mêler, mais je me prépare pour un congrès politique …mais si ça dérape trop, je devrai sévir.


Billets similaires

2007/11/07 21:55

Appel à tous

Bon.

Tout d’abord une confession: Je suis un militant politique.

Maintenant une précision: Je n’ai jamais été membre d’un parti fédéral ou provincial, mais je suis, depuis 1998, impliqué en politique municipale montréalaise. À l’origine en tant que membre du RCM, puis de l’UCIM, le “parti du maire Tremblay,” qui se nomme maintenant Union Montréal. Mon implication en est une surtout de “conseiller informatique” et n’existerait pas sans qu’on continue à solliciter mon expertise en cette matière… Et moi j’aime ça, parce que ça me donne un oeil sur comment les choses se passent en coulisse, mais je vous avoue qu’il y a plus partisan que moi.

Ceci dit, je serai parmi les délégués de l’arrondissement Côte-Des-Neiges / Notre-Dame-De-Grâce au congrès général du parti de cette fin de semaine. J’irai défendre une proposition venant de mon arrondissement à l’effet qu’il soit inscrit au programme du parti, un projet visant à établir un réseau Internet haute-vitesse sans-fil gratuit à la grandeur du territoire de la ville.

Fidèle à ma manie de toujours être à la dernière minute, je suis à me pencher plus en profondeur sur le dossier.

Si vous avez des idées… des liens… des exemples de ce qui se fait dans d’autres villes… etc.. à partager, j’apprécierais.

Imaginez… être toujours connectés (incluant dans le metro!) et ce, gratuitement!!!


Billets similaires

2007/11/07 20:42

Insolite: Qui est le premier?

Le retour à l’heure normale produit une situation insolite en Caroline du Nord.

Vous savez comment les jumeaux sont toujours très conscients à savoir lequel des deux est sorti en premier? Eh bien, voici une situation où ils pourront en argumenter longtemps.

Peter Sullivan Sirioli est né à 1:32, dimanche matin.

34 minutes plus tard, après le retour à l’heure normale, nait Allison Raye Cirioli. Heure de naissance, 1:06.

Alors, qui est né en premier?


Billets similaires

2007/11/07 19:47

C’est noël!

19:46 : En fait, je suis surpris que ça ait pris tant de temps, mais je viens d’être frappé par ma première pub de noël. Une pub américaine à MSNBC …pour des ordis Dell. Ironiquement, je vous écrit d’un portable Dell.

Youpi! C’est l’ouverture du festival annuel de la consommation!!!


Billets similaires

2007/11/07 14:10

Fin des difficultés techniques

Désolé les amis, cela fait plus de 48 heures que tout le temps que j’aurais pu mettre à bloguer a plutôt été passé à essayer de comprendre et résoudre une série de problèmes techniques (trop longs à expliquer ici) qui rendait presque impossible la publication de nouveaux billets…

Mais voilà, tout est maintenant rentré dans l’ordre et je pourrai à nouveau me concentrer sur le contenu plutôt que le contenant.


Billets similaires

2007/11/05 20:12

Bouchard-Taylor à Drummondville

20:11 : Je commence à me dire qu’à mesure que cette commission s’approche de Montréal, le ton commence à changer.

À date, ce soir, outre quelques fausses notes, it’s a lovefest, comme disait Shakespeare.


Billets similaires

2007/11/05 18:30

La minute et quart à Gérard

Comment l’ADQ bâtit son programme:

YouTube - Gérard D. Laflaque: Comment l’ADQ bâtit son programme

Le pire, c’est que des fois je me dis que ça doit pas être loin de la réalité.


Billets similaires

2007/11/04 23:14

Petite pétition va loin

La pétition « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance » dont le troisième point pause problème à l’ami Renart et dont la polémique qui s’en est suivi m’inspire tant de billets sur le thème de la langue ces derniers temps, vient de recevoir un des meilleurs coups de pub qu’on peut avoir au Québec.

Je partage les réserves de Renart concernant le troisième point de la pétition. Mais c’est le message principal qui s’en dégage qui compte. Personne ne se souviendra du point trois… seulement de ce que Dany décrit dans ce clip.


Billets similaires

2007/11/04 15:47

Les accommodements linguistiques selon François

Je vais vous raconter une histoire.

Il s’agit d’une histoire vraie, seuls les noms ont été changés.

C’est l’histoire de François, une jeune informaticien de grand génie qui n’en peut plus de pâtir dans sa France natale. Après ses études, il s’est déniché un boulot stable dans les télécoms. Il développe des algorithmes de gestion de switches qui, à leur tour, contrôlent le flot des informations de communications de toutes sortes. Ce qui, croyez moi les amis, n’est pas un boulot pour les idiots.

Mais François étouffe. La perspective d’évoluer dans ce monde sclérosé, fermé, sans perspective d’avancement, où l’excellence ne sert à rien car tout est réglé par l’ancienneté et où tout le monde est plus intéressé à protéger ses privilèges qu’à accomplir quoi que ce soit, le déprime. François est cent fois meilleur que ses collègues… et il le sait. Il a des idées, au niveau de ce qu’il fait, qui améliorerait grandement le flot des coms. Mais lorsqu’il les présente à ses patrons, il se fait dire de ne pas insister, il a peut-être raison, mais « il ne faut pas trop bousculer les choses… ça dérange. » François n’en peut plus. Il se dit que le seul endroit ou ses talents seront reconnus à leur juste valeur est en Amérique. Mais seulement, voilà, François ne parle ni ne comprend un seul mot d’anglais.

Un seul espoir s’offre à lui, le Québec.

Continuer la lecture…

On dit qu’au Québec, c’est comme en Amérique, que les gens y sont plus libres qu’en France, que l’excellence y est récompensée et qu’une fois qu’on s’habitue à leur drôle d’accent, on s’aperçoit qu’ils parlent français. Et il ne faut pas s’imaginer qu’ils sont toujours dans leurs petits villages, à vivre avec les indiens. Il s’agit d’une société nord-américaine moderne, où tout se passe en français… Génial!
N’écoutant que son courage, François prend la grande décision. Il quitte son boulot, plie bagages et s’envole pour Montréal.Une fois à Montréal, François n’en revient pas, nous sommes encore à l’époque de la bulle DotCom et les offres d’emploi pour un informaticien avec ses qualifications pleuvent de partout. C’était vraiment pas comme ça en France, qu’il se dit. Mais entrevue après entrevue, (ou entretien, comme il dit) c’est la même histoire.

Son CV et son expertise sont impressionnants, (comme je vous l’ai dit, le boulot qu’il faisait en France impressionne ceux qui connaissent ça) sauf qu’à chaque fois, la personne (le plus souvent une dame du département des ressources humaines de l’entreprise) entièrement francophone “pure laine” qui mène l’entretien, achoppe invariablement sur la même question. François ne parle pas anglais et ça, c’est un problème. Un problème au point qu’on ne peut lui accorder l’emploi malgré ses qualifications.

[Note de l'auteur: Je suis moi-même informaticien et je dois dire que je comprends très bien la situation... C'est presque inévitable ici qu'un informaticien du calibre de François soit appelé à collaborer de très près avec divers partenaires et clients unilingues anglophones partout en Amérique du Nord. Une connaissance fonctionnelle de l'anglais est un atout essentiel et ça, c'est une réalité qu'aucune loi québécoise ne peut changer.]

François est complètement découragé. On lui a menti. C’est faux de dire que tout se passe en français ici, puisqu’on ne peut pas se trouver de boulot si on ne parle pas anglais. François veut bien apprendre l’anglais, mais s’il ne se déniche pas un job bientôt, il devra retourner en France… où il devra faire face à tous ceux qui ont ri de lui, ou qui lui ont dit qu’il était taré de tout abandonner pour se lancer dans une telle aventure. Il ne veut vraiment pas retourner, mais il n’aura bientôt plus le choix, car il n’est pas venu jusqu’ici pour laver de la vaisselle…

François est au bout du rouleau. La source est tarie. Un dernier entretien et après… il ne veut pas y penser. La dame qui lui a parlé au téléphone ne semblait pas avoir pas d’accent. C’est bon signe, espère-t-il. Quelqu’un du pays, peut-être? La boîte où il doit se présenter est à un autre endroit que ceux auxquels il s’était accoutumé dans sa chasse aux entretiens. L’adresse complète dans le courriel n’indique pas Montréal, mais Westmount. Il se demande bien ce que ça signifie.

Arrivé dans la boîte, le dame qui l’accueille est bien celle à qui il a parlé, mais elle n’est pas française. C’est une Québécoise d’origine iranienne dont la famille a quitté l’Iran lors de la révolution islamique lorsqu’elle était jeune pour vivre quelques années en Algérie avant de venir s’installer ici pour de bon. Aujourd’hui, elle parle quatre langues, le perse, l’arabe, le français et l’anglais… et c’est sans compter les dialectes!

Elle le met à son aise. Mais sitôt, elle lui explique que l’entretien sera mené par deux des propriétaires de l’entreprise et que…

Début de l’entretien. François a devant lui Bill, un anglophone de Westmount qui a passé la majeure partie de sa vie adulte aux États-Unis et qui ne comprend pas le français, et Gabriel, un Chinois de Hong Kong qui est venu ici étudier à McGill il y a plusieurs années et qui est resté. Gabriel est plus accoutumé au français que Bill, il le comprend mieux qu’il ne le laisse entendre, mais il a peine à placer un mot devant l’autre lorsqu’il s’agit de le parler. Encore plus décourageant pour François, il vient de comprendre qu’il est tombé sur une petite boîte où tout se passe presque uniquement en anglais… malgré la présence de quelques francophones. Je suis cuit, se dit-il.

Mais rapidement, grâce à la bonne volonté de tous, une communication s’établit à l’aide de signes, de quelques mots clés et d’un tableau blanc. Gabriel parle en anglais, lentement, en qualifiant ce qu’il peut par les mots français qu’il connaît, alors que François fait de même, mais à l’inverse. Heureusement, il découvre qu’il a devant lui pas seulement des entrepreneurs, mais des informaticiens de haut calibre qui réussissent à lui présenter des problèmes qui le font vraiment réfléchir. Mais lui, réussit, à l’aide du tableau, à leur démontrer comment il résoudrait chaque problème et malgré la barrière de langue, tous se comprennent, car tous connaissent le langage des algorithmes. Bill et Gabriel saisissent vite qu’ils ont devant eux un petit génie, un penseur informatique hors-pair, et l’embauchent sur-le-champ.

Depuis ce temps, François travaille de très près avec Gabriel, les deux continuent à s’améliorer dans la langue de l’autre. Et lorsqu’il s’agit de collaborer avec des anglos, Gabriel est présent pour aider François qui lui, s’est avéré fort utile lorsqu’il fut question de convaincre de nouveaux partenaires francophones.

Aujourd’hui, François est heureux. Ses talents sont reconnus à leur juste valeur et son nom circule dans plusieurs milieux unilingues anglophones qui, j’en suis certain, seraient prêts à l’embaucher malgré la barrière de langue.

Fin de l’histoire.

——————————————–

C’est ironique, n’est-ce pas, qu’un cousin français vienne ici se chercher du boulot et que le seul endroit qui accepte de l’embaucher soit une petite boîte unilingue anglophone de Westmount?

Ça donne à réfléchir. Non?



Billets similaires

2007/11/03 19:37

Langage toi

La question de la langue continue à me trotter dans la tête.

Je prépare un autre billet sur le sujet.

D’ici là, je vous laisse sur la toune qui me vient à la tête quand je vois des commentaires poubelle de gens qui ne savent pas écrire.

Le site du groupe est ici.


Billets similaires

2007/11/03 14:33

Enflure de la semaine

Louis, sur son blogue, Un homme en Colère:

Le Canadien de Montréal, c’est plus qu’une tradition: c’est l’expression collective du défoulement d’un peuple qui a été infériorisé pendant des siècles et qui peut exprimer sa rage dans le contexte bien défini d’un match de hockey.

Peut-être que c’est parce que je ne suis pas un amateur de sport, mais…

Wow!

On parle d’une équipe de hockey.

Tsé? …de hockey.

Un jeu.


Billets similaires

2007/11/02 14:45

Présence du Français: Agir d’une position de force

Ce billet est inspiré et fait suite à la discussion qui a lieu sur le blogue de Renart L’éveillé, dans un billet où il nous explique pourquoi il ne peut pas signer la lettre ouverte « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance »

La polémique tourne autour du point trois de la lettre qui s’oppose à l’idée d’un test de Français pour l’obtention d’une citoyenneté québécoise.

Je tiens à dire que je supporte cette idée et que mes problèmes avec le projet de loi 196 se situent ailleurs. J’ai expliqué ma position ici et dans les commentaires du billet de Renart.

Je ne cherche plus à convaincre Renart de signer la lettre. (Je relis le point trois et je suis assez inconfortable avec le fait que j’y ai associé mon nom. Mais je l’ai fait pour l’ensemble du propos)

Sauf que la discussion m’a poussé à vouloir clarifier mes positions sur la question de la langue. Surtout après ces deux commentaires de Renart:

Dans le fond, tout ce que je dis, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et j’ai l’impression que vous essayez de m’en convaincre…

Et:

encore, à vous lire, ça me donne une autre bonne raison d’être borné, juste pour faire contrepoids. Si la majorité des francophones se disent qu’il n’y a pas de problème, quand il y en aura un sérieux, il sera trop tard… J’ai même l’impression qu’il est déjà trop tard : pour la majorité, vouloir protéger le français est considéré comme raciste, xénophobe et intolérant. C’est comme ça que je me sens jugé de votre part.

Je livre ma réponse dans ce billet qui est écrit sous forme de lettre à Renart, mais qui se veut aussi une lettre ouverte à tous ceux qui ont la “défense” du Français à coeur.

———————————————

Renart,

Je suis loin de vouloir te convaincre de baisser les bras. Bien au contraire.

Contrairement à toi et à Eric, le concept de citoyenneté québécoise en est un auquel je réfléchis déjà depuis un bout de temps et qui me tenait à coeur bien avant qu’il soit question de ce projet de loi particulier. Ce concept fait partie de mes nombreuses idées de progression hyper-gradualiste pour l’épanouissement de notre nation vers une souveraineté de facto dont la reconnaissance formelle ne deviendra alors qu’une formalité. Ma démarche en critiquant certaines dispositions de la loi dans sa forme actuelle et en dénonçant le mauvais timing de sa présentation en est une qui vise à sauver ce concept de la surenchère politique actuelle qui risque de le stigmatiser pour de bon. C’est parce que je veux son succès que je souhaite qu’il soit retiré et repensé.

De plus, je tiens à dire que le rayonnement du Français en Amérique est la cause qui me tient le plus à coeur. C’est la motivation numéro un derrière mon blogue. Le conflit linguistique est le combat de toute une vie pour moi.

Je te dirais même qu’ayant grandi (depuis l’âge de 9 ans) dans Côte-Des-Neiges et N.D.G. (aux frontières du West Island) j’ai passé presque toute ma vie à vivre et à évoluer sur les lignes de front de ce conflit.

J’irais encore plus loin en te disant que mes racines franco-ontariennes font de la lutte pour le français quelque chose qui est inscrit dans mon sang. (Les Québécois se “sentent” minoritaires et menacés dans leur identité, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est que d’être vraiment minoritaires et de ressentir une volonté explicite et agressive d’assimilation de la part d’une culture dominante qui détient absolument TOUS les leviers du pouvoir)

Ma conscience de la dimension générationelle du conflit commence dès ma tendre enfance, alors que mon arrière grand-mère nous racontait comment, en 1918, elle et ses comparses ont renvoyé, poêle de fonte et rouleau-à-pâte à la main, l’inspecteur du gouvernement ontarien qui voulait s’assurer que l’enseignement ne soit pas dispensé “illégalement” en Français dans l’école de la paroisse.

À mon école secondaire (Saint-Luc) à quelques blocs de Montréal-West, là où commence le West-Island, où seulement 15% de la population étudiante était née au Canada (ce qui, dans ce coin de l’île, n’en fait pas tous des “de souche”) la question de l’avenir du Français en était une de tous les jours… de chaque instant.

Mon bilinguisme profond (je pense et rêve dans les deux langues) fait aussi de la lutte pour la prédominance du Français, un conflit qui se joue tous les jours au plus profond de mon âme.

Alors crois moi lorsque je te dis que j’ai le feu sacré lorsqu’il s’agit de me battre pour l’épanouissement du Français.

Et que je tiens autant (sinon plus) que toi à faire en sorte d’augmenter le poids du Français à Montréal comme partout ailleurs en Amérique où c’est possible. (Et il y a beaucoup à faire de ce côté.)

Mais, en effet, j’ai la prétention de croire que tout ce que j’ai énuméré plus tôt, mes origines, mon parcours, mes circonstances particulières… (combiné à un sens aiguisé de l’Histoire motivé d’abord par la question qui nous préoccupe)…me donnent une perspective et une profondeur d’analyse quand aux moyens qui sont propices à produire les meilleurs résultats ainsi qu’aux pièges à éviter dans cette entreprise.

Je ne prétends pas du tout posséder toutes les bonnes réponses, mais je suis convaincu d’avoir mis le doigt sur la bonne façon de se poser la question… que je formulerais comme suit: « Quels sont les moyens d’imposer le Français de façon à ce que ceux qui se le font imposer n’ai pas du tout l’impression de se le faire imposer et si possible qu’ils aient même l’impression de l’avoir demandé eux mêmes? » … Hmmm… je n’y avais jamais pensé comme ça avant, mais une autre façon de le dire serait que les meilleurs moyens à utiliser pour augmenter la présence du Français dans le “marché” linguistique sont ceux du néo-libéralisme tel que conçu par la gauche!

Bon. Je crois que je viens peut-être de me tirer dans le pied avec une partie de mon auditoire… Revenez! Je ne fais que de l’esprit.

Je reviens à mon propos.

Tu comprendras que mon approche consiste à trouver les moyens de maximiser les résultats tout en minimisant le plus possible (et c’est très important) le ressentiment de toute part. Car c’est là justement que se trouve le principal piège à éviter.

Aussi légitime que soit notre cause… Aussi sincère que soit notre approche… aussitôt que nous voyons poindre du ressentiment, du braquage de positions, etc… de l’autre côté, il faut à tout prix éviter de se laisser aller à notre propre ressentiment, tout justifié soit-il. Sinon on se retrouvent dans la situation que j’ai décrite plus tôt dans un autre commentaire où tout le monde a raison, plus personne ne bouge, la gangrène s’installe et plutôt que de s’approcher de notre objectif nous nous en éloignons, car il faudra nettoyer la gangrène avant de pouvoir à nouveau progresser.

Ah, mais pourquoi diable est-ce tout le temps nous et pas les autres qui devont rester sensible? et flexible? et gentil? et compréhensif? etc… etc…

Plusieurs raisons. D’abord, parce qu’en situation de braquage mutuel, la flexibilité nous donne l’avantage de pouvoir toujours redéfinir le terrain à notre avantage.

Mais surtout, parce que nous sommes les plus forts.

Le braquage de position est une stratégie utile (parfois nécessaire) seulement lorsqu’on est en position de faiblesse. Elle est très dangereuse et le plus souvent contre-productive lorsqu’utilisée d’une position de force, c’est-à-dire là où nous sommes en mesure d’imposer nos volontés à l’autre. Dès que nous nous trouvons dans cette situation, il faut être extrêmement habile et prudent. Celui qui, d’une position de force se braque et impose à l’autre partie ses volontés, se donne une victoire immédiate, mais illusoire et empoisonnée. Car il aura créé du ressentiment chez l’autre qui, s’il n’y est pas extrêmement sensible, reviendra lui exploser dans la figure et détruire les gains acquis. Le degré de noblesse et de justification légitime derrière l’initiative de la partie forte ne changera en rien le montant de ressentiment créé par son imposition. Pire, plus le sentiment de légitimité est fort, plus il court le risque de nous aveugler au ressentiment qu’il génère. (voir États-Unis d’Amérique)

Mais je sens déjà ta frustration… Nous ne sommes justement pas dans une position de force! Nous baignons dans une mer anglo-saxonne, collé à la capitale mondiale de l’hégémon marchand, globalisant et anglicisant qui domine notre ère, nous n’avons pas le choix que de nous braquer à un moment donné ou l’autre, te dis-tu.

En effet, c’est complexe. Il faut comprendre que notre situation particulière fait que nous avons les deux rôles et que la légitimité de notre cause (et surtout de notre ressentiment) fait qu’on tend à se mélanger de tactique selon la cible.

Du point de vue du citoyen non francophone, nous sommes les plus forts car nous avons entre nos mains l’instrument législatif. Il nous incombe alors, surtout lorsqu’on est sur le terrain sensible des questions identitaires, dont la langue fait partie, d’être ferme et catégorique dans l’élaboration de nos objectifs, mais infiniment sensible, flexible et surtout, agile dans les moyens qu’on utilise pour y arriver.

Alors, j’espère que tu comprends que ma critique n’est pas envers ton élan à vouloir défendre le Français. Bien que je préfère parler de promotion, de rayonnement et d’épanouissement que de “défense”, je suis avec toi à 100% là-dessus. Ma critique est seulement envers certaines tactiques que tu prônes pour y arriver et le fait que tu sembles laisser la légitimité de ton ressentiment guider ta stratégie et t’aveugler aux obstacles que ça produit sur le terrain. Tu tombes dans le piège du fort qui se braque.

Mon acharnement vient du fait que de mon point de vue, se braquer sur nos positions lorsque nous créons trop de ressentiment chez ceux sur qui nous avons la main haute, nous fait reculer au lieu d’avancer et rend les avancées futures encore plus difficile. Je m’acharne parce que je le perçois comme faisant du tord à la cause qui m’est la plus chère: La consolidation et l’épanouissement du fait Français en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que je propose, alors, tu demandes?

Il n’y a pas de remède miracle, il faut multiplier les initiatives, mesurer sobrement les résultats, rester vigilants, encourager ce qui fonctionne, modifier ce qui produit du ressentiment de façon à le contourner ou mieux encore, à le détourner à notre avantage… insister sur ce qui rassemble, aplanir ce qui divise, toujours être prêt à modifier notre approche selon les circonstances et surtout, surtout ne jamais se braquer et dire que nous sommes intraitables (même lorsque nous le sommes) Il faut, en somme, agir comme une culture dominante consciente du pouvoir qu’elle détient et sensible au ressentiment inévitable qu’elle génère par le simple fait de sa dominance.

J’ai toujours cru que la culture francophone d’Amérique, grâce à ce double statut réel d’être à la fois culture dominante à un niveau de réalité et dominé à un autre, était l’une des mieux placées au monde pour vraiment bien comprendre ce jeu des cultures et qu’elle pourrait ainsi ainsi se tailler une place de choix dans l’étrange échiquier culturel que nous annonce le processus aplanissant de mondialisation économique et de démocratisation de l’information en cours aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut qu’elle apprenne à apprivoiser son pouvoir réel et à l’utiliser habilement. Il faut qu’on arrête de penser et d’agir en dominé quand on joue sur le plan dominant.

J’irais même plus loin, ce n’est qu’en adoptant les stratégies d’une culture qui est en position de force (même lorsque nous ne le sommes pas vraiment) que nous réussirons à nous affranchir de ce qui reste de notre position de faiblesse réelle. Et être en position de force signifie ne pas se laisser aller à la peur (même lorsqu’il y a bonne raison) et comprendre que le dernier mot nous appartiens et que nous pouvons donc nous permettre d’être magnanimes pour arriver à nos fins.

Agir en dominant ne veut pas dire, par-contre, de répéter les erreurs des autres cultures dominantes. Je lève les yeux au ciel à chaque fois que j’entend un nationaliste dire quelque chose du genre: « Pourqoi on prendrait pas exemple sur le Canada Anglais? Eux se sont pas gênés pour nous imposer tel ou tel truc. Pourquoi nous on pourrait pas faire la même chose à l’intérieur de notre espace à nous? » Hé! Ho! Le nationaliste… toi, aujourd’hui, est-ce que tu ressens une loyauté quelconque envers le Canada Anglais? Non? C’est donc que ça pas vraiment marché leur affaire… Pis tu veux qu’on fasse la même chose? Trouvez l’erreur.

C’est vrai qu’au fond nous ne partageons pas exactement la même analyse des dangers et des solutions. Pour ma part, après avoir passé une vie à naviguer le cas de Montréal, je trouve que la situation ici est plus ou moins “sous contrôle.” Il faut rester vigilant et il y a beaucoup à faire pour accélérer la cadence… mais je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Je suis beaucoup plus préoccupé par le sort du Français à l’extérieur de nos frontières et j’aimerais beaucoup convaincre mes concitoyens québécois qu’il nous appartient à nous de nous en occuper. Plus le Français rayonne ailleurs en Amérique, plus il sera en sécurité ici.

En terminant, j’espère que tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui prétendent simplement que tout va bien et qu’on a qu’à laisser les choses aller d’elle-même. Que mon but n’est pas de te faire baisser les bras, mais seulement de te faire changer de perspective dans ton analyse et de stratégie pour atteindre les buts que nous partageons.

Quand au fait qu’on te fait sentir comme un xénophobe raciste à chaque fois que tu parles de défendre ta culture…

Welcome to the wonderful world of dominant cultures, my friend. Get used to it, we just can’t win on that one. It’s best to just be gracious about it. After all, we are on top.


Billets similaires