Appelez-moi naïf mais moi, je me plaisais à croire qu’Élodie G.-Martin était vraiment une « fille de droite » pro-adéquiste et anti-péquiste engagée… Bon, il est vrai que je n’avais pas encore eu le temps de faire autre chose que de « fureter » son blogue… J’en suis encore à mes premiers pas dans la blogosphère québécoise et donc n’avais aucune idée des soupçons qui couraient autour de la nature réelle de son identité. …Mais j’avais tout de même hâte de m’attaquer plus sérieusement à son blogue. (Ce pourquoi je déplore sa disparition)
En tant qu’(ex)adepte de la blogosphère politique américaine et anglo-saxonne qui essayait de s’immiscer dans celle de mon coin et d’en identifier les joueurs principaux, j’avais tout de suite noté le blogue d’ÉGM comme étant un des « bons. » Comprenez-moi, je suis loin de dire que ce type de blogue représente un idéal à suivre (comme j’espère que le mien le démontre) mais dans le grand espace de la libre-expression qu’est ce phénomène que l’on nomme « blogosphère, » il avait certainement sa place. Il faut tout de même admettre que le type de moyen d’expression qu’est le blogue se porte plutôt bien au discours du type « franc-tireur, » …comme en témoigne le succès des blogues les plus populaires.
Et un(e) auteur(e) qui peut, du même souffle, me faire rire aux éclats et me faire enrager est une denrée rare… que j’apprécie énormément. Même s’il (elle) dépasse parfois des bornes que je considère personnellement infranchissables.
Il faut aussi admettre que la capacité de M. Morin à mobiliser la rage de toute l’hémisphère gauche de l’agora virtuel contre lui n’est pas à négliger… voilà un autre signe d’un blogueur de talent (dans cette niche particulière.)
Bon. Fin des fleurs.
Le pot maintenant:
Comme j’ai dit plus tôt, je n’avais aucune raison, lorsque je jetais un coup d’oeil à son blogue, de croire que la blogueuse en question était autre chose que comme elle se présentait: Une travailleure autonome de Montréal ultra-militante (au point d’en être incohérente) qui adorait talonner et vilipender ses ennemis péquistes et gauchistes avec un verbe acerbe et méchant qui frôlait (et parfois défonçait franchement) les limites de l’acceptable. Et en tant que tel, je l’appréciais.
Je l’avoue, au début, lorsque j’ai eu vent de toute cette histoire, (c’est d’abord le blogue d’ÉGM lui-même qui m’a pointé l’article du Devoir, vendredi matin) je trépignais comme un enfant le matin de noël. J’avais vraiment hâte de voir la blogueuse à la langue qui pique gérer cette controverse…
Mais plus j’ai lu les billets, (qui se succédaient plus vite que ma capacité à les absorber) plus j’ai appris sur le fond de l’histoire et sur la réelle identité de cette « blogueuse » qui me divertissait tant, (en bonne partie parce que j’aimais l’idée qu’une fille se cachait derrière un blog aussi combatif) plus je me suis senti trahi.
(Je dois aussi avouer qu’une bonne part de ce que j’ai lu depuis que la controverse a éclatée, me porte à croire que si j’avais eu la chance de lire ce blogue plus en détail, depuis plus longtemps, je serais peut-être parmi ceux qui célèbrent aujourd’hui son départ)
Mais bon. Le pseudo est de bonne guerre depuis longtemps, en publication. Et j’en était, à la fin de la journée, à commencer à écrire un billet à saveur satirique où je pleurais la perte de mes illusions tout en enjoignant M. Morin à s’assumer en tant que « blogueuse. »
sauf que le retrait total du blogue, en soirée, m’a complètement fait perdre mon sens de l’humour.
J’ai soudainement compris (ce que plusieurs savaient déjà) que j’avais vraiment affaire à quelqu’un qui se cachait derrière une fausse identité pour dire des bêtise que l’auteur réel n’avais pas le courage d’assumer.
Pire, j’en ai tiré la même conclusion que Claude Villeneuve: Ce blogue n’était pas que l’affaire personnelle de M. Morin, mais avait l’approbation de son parti qui a « tiré la plogue » dès que les « vrai » médias ont commencé à fouiner de trop près.
J’ai instantanément perdu tout le respect que j’avais pour ce blogueur.
C’est une chose de se donner un pseudo ou une identité (ou même une personnalité) Web qui facilite ou complémente ce que l’on a à dire, surtout si c’est piquant. C’en est une toute autre que de se cacher derrière un écran d’ordi pour insulter les gens avec la certitude qu’on ne peut pas nous retracer et avec l’intention de fuir avant que ça nous rattrape. La première est un signe d’esprit, la seconde… les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont: lâcheté abjecte et ver de terre.
Cela m’a lancé dans une longue réflexion sur tout ce phénomène du Web 2.0, dont l’expression ultime est la tenue d’un blogue personnel mais qui inclut aussi tout le phénomène du réseautage et du communautaire virtuel du genre Lavalife, MySpace, YouTube, etc… Et surtout sur le rôle qu’y joue l’anonymat.
Réflexion que j’avais l’intention de vous livrer ici… maintenant. Mais ceci est un blogue, pas un bouquin. Et j’ai l’impression de m’être déjà assez éternisé comme ça.
Je devrai donc vous tenir en haleine un peu plus longtemps au sujet de mes « grandes » réflexions blogologiques.
Avant de terminer, je vous laisse sur ceci:
Je me suis amusé, cet après-midi, à faire le tour des 30 ou 40 blogues politiques québécois les plus lus, pour voir combien était tenu par des gens qui affichaient clairement leur identité. Voici les résultats:
55% des blogueurs politiques s’identifient clairement ou démontre une volonté claire de faire ce qu’il font au grand jour, même s’ils n’affichent pas leur nom complet.
L’autre 45% se cachent derrière des identités opaques ou démontre un réel désir à cacher qui ils sont.
Ces « anonymes » se retrouvent partout le long de la courbe idéologique… droite, gauche, souverainistes et autres en possèdent chacun leur lot.
Non, la principale distinction entre les « publiques » et les « anonymes » est que les premiers font le plus souvent dans la réflexion sérieuse, et les seconds dans l’insulte, la menace et/ou la puérilité.
C’est à ces seconds que je m’adresse:
Le fait que votre réelle identité se sache vous empêcherait-il de continuer à bloguer comme vous le faites? Si la réponse est non, vous avez mon respect et je défendrai toujours votre droit d’expression même si ce que vous dîtes me pue au nez.
Mais si la réponse est oui, vous n’avez pas d’affaires dans le débat, vous êtes de simples « trolls » qui se font passer pour des blogueurs.
Et ici je pense particulièrement à Anti-Souverainiste. Plusieurs croient que tu es aussi Pierre Morin, si c’est le cas, tu as déjà perdu mon respect et je perds mon temps… Mais sinon je te défie de continuer tes activités au grand jour. Je continue à dire que la blogosphère a de la place pour des gens comme toi qui font ce que tu fais sans se cacher… Mais derrière ton masque, tu n’est qu’un vulgaire graffiteur de gros mots.
Mais je ne peut faire la leçon au pire anonyme de la droite sans aussi faire des remontrances aux pires « agents masqués » de la gauche: La gang de Reactionism Watch.
Hey, les boys! Je sais que le discours radical fait parti du « trip » révolutionnaire pis tout l’bataclan… Mais, en tant que personne modérée que les gens de gauche ont tendance à considérer comme de centre-droite (même si les gens de droite me considèrent plutôt à gauche) je me sens très concerné lorsque je lis un slogan comme celui-ci:
Centre-droite jusqu’à l’extrême-droite, nous vous surveillerons jusqu’à votre pulvérisation totale de la province de Québec
J’aurais moins de misère avec la violence sous-jacente de cette phrase si j’avais l’impression, même virtuelle, de voir le visage de ceux qui la scandent.
Oui, oui, je sais, vous êtes paranos et avez peur d’être fichés par la police et/ou les services secrets… Mais ce que je dis pour la blogosphère s’applique pour la vraie vie aussi. Quand on a le courage de ses convictions, on agit à visage découvert… et si ça veut dire être harcelé ou arrêté injustement par les autorités, ben c’est comme ça qu’on dénonce l’injustice de l’oppresseur, en faisant éclater son oppression au grand jour. En le faisant dans l’ombre, derrière un masque, avec la fuite dans l’âme, on se réduit à être perçus comme de simples casseurs criminels qui font peur à ceux qu’ils prétendent vouloir libérer.
…
Bon ça l’air que je me suis un peu laissé aller… et que je vous ai livré (sous-forme de montée de lait) une bonne part de l’analyse que je vous promettais pour plus tard…
Je sais, je viens de faire justement ce que je reproche aux autres… je me suis laissé aller à lancer des noms et des insultes…
Sauf que moi, je n’ai rien dit à qui que ce soit que je ne leur répéterais pas en personne.
Et je m’appelle Alain Berger.












