Archives du mois de September 2007

2007/09/30 22:59

Les dessous …du Web 2.0 (suite)

Appelez-moi naïf mais moi, je me plaisais à croire qu’Élodie G.-Martin était vraiment une « fille de droite » pro-adéquiste et anti-péquiste engagée… Bon, il est vrai que je n’avais pas encore eu le temps de faire autre chose que de « fureter » son blogue… J’en suis encore à mes premiers pas dans la blogosphère québécoise et donc n’avais aucune idée des soupçons qui couraient autour de la nature réelle de son identité. …Mais j’avais tout de même hâte de m’attaquer plus sérieusement à son blogue. (Ce pourquoi je déplore sa disparition)

En tant qu’(ex)adepte de la blogosphère politique américaine et anglo-saxonne qui essayait de s’immiscer dans celle de mon coin et d’en identifier les joueurs principaux, j’avais tout de suite noté le blogue d’ÉGM comme étant un des « bons. » Comprenez-moi, je suis loin de dire que ce type de blogue représente un idéal à suivre (comme j’espère que le mien le démontre) mais dans le grand espace de la libre-expression qu’est ce phénomène que l’on nomme « blogosphère, » il avait certainement sa place. Il faut tout de même admettre que le type de moyen d’expression qu’est le blogue se porte plutôt bien au discours du type « franc-tireur, » …comme en témoigne le succès des blogues les plus populaires.

Et un(e) auteur(e) qui peut, du même souffle, me faire rire aux éclats et me faire enrager est une denrée rare… que j’apprécie énormément. Même s’il (elle) dépasse parfois des bornes que je considère personnellement infranchissables.

Il faut aussi admettre que la capacité de M. Morin à mobiliser la rage de toute l’hémisphère gauche de l’agora virtuel contre lui n’est pas à négliger… voilà un autre signe d’un blogueur de talent (dans cette niche particulière.)

Bon. Fin des fleurs.

Le pot maintenant:

Comme j’ai dit plus tôt, je n’avais aucune raison, lorsque je jetais un coup d’oeil à son blogue, de croire que la blogueuse en question était autre chose que comme elle se présentait: Une travailleure autonome de Montréal ultra-militante (au point d’en être incohérente) qui adorait talonner et vilipender ses ennemis péquistes et gauchistes avec un verbe acerbe et méchant qui frôlait (et parfois défonçait franchement) les limites de l’acceptable. Et en tant que tel, je l’appréciais.

Je l’avoue, au début, lorsque j’ai eu vent de toute cette histoire, (c’est d’abord le blogue d’ÉGM lui-même qui m’a pointé l’article du Devoir, vendredi matin) je trépignais comme un enfant le matin de noël. J’avais vraiment hâte de voir la blogueuse à la langue qui pique gérer cette controverse…

Mais plus j’ai lu les billets, (qui se succédaient plus vite que ma capacité à les absorber) plus j’ai appris sur le fond de l’histoire et sur la réelle identité de cette « blogueuse » qui me divertissait tant, (en bonne partie parce que j’aimais l’idée qu’une fille se cachait derrière un blog aussi combatif) plus je me suis senti trahi.

(Je dois aussi avouer qu’une bonne part de ce que j’ai lu depuis que la controverse a éclatée, me porte à croire que si j’avais eu la chance de lire ce blogue plus en détail, depuis plus longtemps, je serais peut-être parmi ceux qui célèbrent aujourd’hui son départ)

Mais bon. Le pseudo est de bonne guerre depuis longtemps, en publication. Et j’en était, à la fin de la journée, à commencer à écrire un billet à saveur satirique où je pleurais la perte de mes illusions tout en enjoignant M. Morin à s’assumer en tant que « blogueuse. »

sauf que le retrait total du blogue, en soirée, m’a complètement fait perdre mon sens de l’humour.

J’ai soudainement compris (ce que plusieurs savaient déjà) que j’avais vraiment affaire à quelqu’un qui se cachait derrière une fausse identité pour dire des bêtise que l’auteur réel n’avais pas le courage d’assumer.

Pire, j’en ai tiré la même conclusion que Claude Villeneuve: Ce blogue n’était pas que l’affaire personnelle de M. Morin, mais avait l’approbation de son parti qui a « tiré la plogue » dès que les « vrai » médias ont commencé à fouiner de trop près.

J’ai instantanément perdu tout le respect que j’avais pour ce blogueur.

C’est une chose de se donner un pseudo ou une identité (ou même une personnalité) Web qui facilite ou complémente ce que l’on a à dire, surtout si c’est piquant. C’en est une toute autre que de se cacher derrière un écran d’ordi pour insulter les gens avec la certitude qu’on ne peut pas nous retracer et avec l’intention de fuir avant que ça nous rattrape. La première est un signe d’esprit, la seconde… les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont: lâcheté abjecte et ver de terre.

Cela m’a lancé dans une longue réflexion sur tout ce phénomène du Web 2.0, dont l’expression ultime est la tenue d’un blogue personnel mais qui inclut aussi tout le phénomène du réseautage et du communautaire virtuel du genre Lavalife, MySpace, YouTube, etc… Et surtout sur le rôle qu’y joue l’anonymat.

Réflexion que j’avais l’intention de vous livrer ici… maintenant. Mais ceci est un blogue, pas un bouquin. Et j’ai l’impression de m’être déjà assez éternisé comme ça.

Je devrai donc vous tenir en haleine un peu plus longtemps au sujet de mes « grandes » réflexions blogologiques.

Avant de terminer, je vous laisse sur ceci:

Je me suis amusé, cet après-midi, à faire le tour des 30 ou 40 blogues politiques québécois les plus lus, pour voir combien était tenu par des gens qui affichaient clairement leur identité. Voici les résultats:

55% des blogueurs politiques s’identifient clairement ou démontre une volonté claire de faire ce qu’il font au grand jour, même s’ils n’affichent pas leur nom complet.

L’autre 45% se cachent derrière des identités opaques ou démontre un réel désir à cacher qui ils sont.

Ces « anonymes » se retrouvent partout le long de la courbe idéologique… droite, gauche, souverainistes et autres en possèdent chacun leur lot.

Non, la principale distinction entre les « publiques » et les « anonymes » est que les premiers font le plus souvent dans la réflexion sérieuse, et les seconds dans l’insulte, la menace et/ou la puérilité.

C’est à ces seconds que je m’adresse:

Le fait que votre réelle identité se sache vous empêcherait-il de continuer à bloguer comme vous le faites? Si la réponse est non, vous avez mon respect et je défendrai toujours votre droit d’expression même si ce que vous dîtes me pue au nez.
Mais si la réponse est oui, vous n’avez pas d’affaires dans le débat, vous êtes de simples « trolls » qui se font passer pour des blogueurs.

Et ici je pense particulièrement à Anti-Souverainiste. Plusieurs croient que tu es aussi Pierre Morin, si c’est le cas, tu as déjà perdu mon respect et je perds mon temps… Mais sinon je te défie de continuer tes activités au grand jour. Je continue à dire que la blogosphère a de la place pour des gens comme toi qui font ce que tu fais sans se cacher… Mais derrière ton masque, tu n’est qu’un vulgaire graffiteur de gros mots.

Mais je ne peut faire la leçon au pire anonyme de la droite sans aussi faire des remontrances aux pires « agents masqués » de la gauche: La gang de Reactionism Watch.

Hey, les boys! Je sais que le discours radical fait parti du « trip » révolutionnaire pis tout l’bataclan… Mais, en tant que personne modérée que les gens de gauche ont tendance à considérer comme de centre-droite (même si les gens de droite me considèrent plutôt à gauche) je me sens très concerné lorsque je lis un slogan comme celui-ci:

Centre-droite jusqu’à l’extrême-droite, nous vous surveillerons jusqu’à votre pulvérisation totale de la province de Québec

J’aurais moins de misère avec la violence sous-jacente de cette phrase si j’avais l’impression, même virtuelle, de voir le visage de ceux qui la scandent.

Oui, oui, je sais, vous êtes paranos et avez peur d’être fichés par la police et/ou les services secrets… Mais ce que je dis pour la blogosphère s’applique pour la vraie vie aussi. Quand on a le courage de ses convictions, on agit à visage découvert… et si ça veut dire être harcelé ou arrêté injustement par les autorités, ben c’est comme ça qu’on dénonce l’injustice de l’oppresseur, en faisant éclater son oppression au grand jour. En le faisant dans l’ombre, derrière un masque, avec la fuite dans l’âme, on se réduit à être perçus comme de simples casseurs criminels qui font peur à ceux qu’ils prétendent vouloir libérer.

Bon ça l’air que je me suis un peu laissé aller… et que je vous ai livré (sous-forme de montée de lait) une bonne part de l’analyse que je vous promettais pour plus tard…

Je sais, je viens de faire justement ce que je reproche aux autres… je me suis laissé aller à lancer des noms et des insultes…

Sauf que moi, je n’ai rien dit à qui que ce soit que je ne leur répéterais pas en personne.

Et je m’appelle Alain Berger.


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2007/09/30 22:59

On peut pas être au courant de tout…

…sauf quand tout le monde en parle.

Je m’en veux de de ne pas avoir été au courant de cette histoire.

Désolé, les amis… je suis victime de mon montréalocentrisme. Je voyais la bannière sur les blogues de gauche et je n’y ai pas fait attention, pensant: « une autre cause naïve de la gauche » sans même avoir pris la peine de découvrir de quoi il s’agissait.

Je viens de voir la prestation de Denis Bolduc à Tout le monde en parle ce soir et j’ai compris.

Ce blogue appuie la démarche de ces journalistes… pour la principale raison que l’auteur croit sincèrement que ce que revendique les journalistes à l’emploi de Québécor à Québec est aussi désiré par la grande majoritée des résidents de la région.

MediaMatin Québec : Ce blogue appuie!


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2007/09/29 22:46

L’affaire Élodie G.-Martin: Enfin, la vrai réflexion commence.

Coup de chapeau à Tetoine dans son Palace


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2007/09/29 21:05

Pub de la semaine

Contrairement à mes amis de gauche, je n’ai pas vraiment de problème avec cet univers marchand dans lequel nous sommes « contraints » d’évoluer. Enfin… je ressens comme eux ce certain malaise déshumanisant qui découle de ce système, mais je n’arrive pas à les rejoindre dans leurs conclusions en ce qui a trait aux causes… et encore moins aux solutions.

Ce blogue ne se gênera donc pas pour souligner toute pub que l’auteur a envi de mettre en valeur …pour quelque raison que ce soit.

Pour commencer, ça tombe bien, c’est un produit que j’endosse volontiers:

Le Devoir: Votre curiosité mérite mieux.

En fait, je trouve que ce journal a plusieurs tares: un certain snobbisme et des pratiques marchandes passéistes qui le déservent… entres autres choses. Mais il demeure un des rares quotidiens encore réellement indépendants en Amérique du Nord et je trouve que ça vaut la peine d’être encouragé. Abonnez-vous!


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2007/09/29 12:24

Les Libéraux sont-ils en déroute?

C’était la question débattue hier à l’émission de Marie-France Bazzo: Il va y avoir du sport.

Oui, répondent Vincent Marissal et Jean-François Lisée.

Non, répondent Denis Coderre et Benoît Aubin

Le débat en entier est ici.

Bon sport!


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2007/09/29 12:03

Les dessous… du Web 2.0

Toute cette histoire me fascine… (Je suis encore un p’tit nouveau, je ne connaissais rien de la saga MisterP.)

Mais contrairement à plusieurs compatriotes blogueurs à mon flanc gauche, je ne m’en réjouis pas… Cette histoire m’attriste même un peu.

J’ai commencé à écrire mes réactions à tout ça hier, dès le début de l’histoire, mais à mesure que ça progressait, je me suis arrêté. Je crois que toute cette histoire impose une réflexion plus profonde que celle qui a court en ce moment.

…mais c’est un billet qui mûrit…

Je vous le livrerai sous peu, d’ici quelques jours, du moins.

En attendant, je vous laisse sur ces questions:

Combien d’entre nous dépendons de l’anonymat pour pouvoir livrer une opinion plus franche et plus libre que nous le ferions autrement?

Et combien d’entre nous serions prêt à s’en départir?

Cela changerait-il ce que nous disons?… ou encore notre façon de le dire?

Je ne fais que poser la question.

[Sur une note un peu à coté: Le retrait total du blogue d'Élodie G. Martin (qui que tu sois) hier soir m'a plutôt mis en colère. Est-ce qu'on peut, s'il vous plait, juste « fermer » un blogue en disant « Adieu, je ne publie plus, » mais en laissant le site intact sur Internet? Pourquoi toujours retirer les archives et faire comme si tout ça n'avait jamais existé?]


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2007/09/28 21:35

Mea Culpa…

Bon, ok… je pétais d’la broue. Dans le billet précédent, je me vantais d’avoir été au courant du (modeste) tabac créé par cette vidéo plus d’un an avant que Patrick Lagacé ne la remarque et nous en fasse part sur son blogue aujourd’hui… Je suis ensuite allé voir le billet auquel je fais référence, celui ou j’aurais publié un lien vers la fameuse vidéo …pour m’appercevoir que tous les liens étaient morts et que la vidéo en question avait été retirée de Google Video.

Une enquête rapide m’a permit de déterminer que le mec qui a créée la vidéo a relancé son site (qui était très mal foutu) sous forme de blogue et a changé tous les liens cet été….

Il semble aussi qu’il soit à nouveau en train de pousser sa vidéo sur Internet… il est donc normal qu’elle soit apparue sur l’écran radar de M. Lagacé à ce moment-ci.

Mais bon.

Je me vante tout de même d’avoir fait le travail pour retracer et citer l’auteur lorsque j’ai parlé de sa vidéo. (Il faut quand même encourager les gens qui nous divertissent comme ça)

Et je continue à préférer la première oeuvre du genre:


…dont l’auteur (et un lien vers les auteurs de la bande audio) est ici.


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2007/09/28 20:56

Patrick Lagacé… En retard

Est-ce que c’est péter d’la broue que de dire que la vidéo qui fait tripper Patrick Lacacé en ce moment traine sur mon site/blogue (anglophone) depuis plus d’un an?

Surtout que ce truc (que je trouve quand-même vraiment extraordinaire) n’a eu qu’un succès disons « underground » comparé au premier truc du genre, quelques plusieurs mois plus tôt: Georges W. Bush chante: Imagine de John Lennon …qui avait fait pas mal plus parler de lui, à l’époque


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2007/09/26 23:14

M. Harper me souhaite personnellement une bonne année… en septembre

Oui, oui. C’est vrai, je vous l’assure.

La semaine dernière, en regardant dans ma boîte à malle j’ai trouvé une jolie carte de la part du «Rt. Hon. Stephen Harper, M.P. Calgary Southwest» qui m’était personnellement adressée. Pas une simple carte distribuée dans chaque boîte, mais imprimée de mon nom à moi! Quel honneur, tout de même! Cela fait très longtemps que j’habite Côte-Des-Neiges (dans le compté d’Outremont) et ça ne m’était jamais arrivé…

M. Layton et son parti emplissent ma boîte de papier (sur lequel mon nom n’est presque jamais écrit) depuis des années… À tel point que je questionne sérieusement leur sincérité face à la défense de l’environnement! Et, évidemment, j’ai toujours hâte, à chaque automne, de recevoir mon joli calendrier noir et blanc de la part de mon député Libéral… M. Lapierre en avait fait un particulièrement joli, il me semble… Mais c’est bien la première fois que je reçois quelque chose des Conservateurs… et du député de Calgary Southwest par dessus le marché! Chef du parti et Premier Ministre du Canada! Je me répète mais: Quel honneur!

Laissez-moi vous décrire la carte:

D’un coté, on y voit M. Harper, tout sourires et décontracté, assis sur un divan (qui a été ‘effacé’ de la photo) entouré de sa femme et de ces deux enfants… très chaleureux… Il a une belle famille heureuse, M. Harper.

De l’autre, M. Harper (qui semble si bien me connaître qu’il sait que je suis parfait bilingue et qu’il n’a donc nullement besoin de communiquer avec moi en Français) m’offre à moi et à la famille que je souhaite tant mais qui, hélas, ne demeure encore que projet, les vœux suivants:

May you and your family
have a New Year filled with
hapiness, health, prosperity
and peace.

[Signature de M. Harper]

L’Shana Tova U’Mekuta

How thoughtful! What a nice man this Mr. Harper is! …to think of me on Yom Kippur.

Quelques explications:

Mon nom de famille est Berger. Dans mon cas, il s’agit d’un nom tirant ses origines dans le Bas du Fleuve… mais à Montréal, c’est aussi un nom juif assez commun.

Cette fin de semaine, c’était le Yom Kippur, le nouvel an juif, célébré par tous qu’ils soient pratiquants ou non. (Un peu comme nous avec Noël.)

Quelqu’un au parti Conservateur est passé au travers d’une copie de la liste électorale pour le compté d’Outremont en essayant d’y identifier tous les noms juifs afin de leurs envoyer la carte que j’ai décrite plus haut …et je me suis retrouvé sur la liste d’envoi.

Pourtant, je n’ai jamais rien reçu de tel par le passé. J’en tire donc la conclusion que c’est aussi la première fois que tous mes compatriotes juifs du compté reçoivent, comme moi, une telle attention de la part du Premier Ministre.

Pourquoi soudainement tant d’intérêt porté à la communauté juive d’Outremont de la part des Conservateurs? C’est simple: Cette communauté formait le dernier rempart de vote stable qui permettait encore aux Libéraux de croire qu’Outremont était une de leurs «forteresses.»

…et elle n’est pas sortie voter le 17 septembre dernier.

Si les Conservateurs réussissent à la séduire, tout devient possible (au fédéral) dans Outremont. …qui malgré sa réputation de forteresse, possède aussi un fond beaucoup plus volatile qu’on ne le croit.

Mais la tâche n’est pas mince: Il est à noter que la communauté juive a préféré rester chez elle plutôt que de montrer son mécontentement avec le candidat Libéral en votant pour le Conservateur.

Mes instincts me disent que dès le prochain scrutin, tout rentrera dans l’ordre et je pourrai à nouveau m’attendre à avoir un beau calendrier de mon député Libéral… Mais d’ici là, je me permets de rêver.

…Et les Conservateurs aussi.


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2007/09/25 21:04

Le mythe du consensus laïque?

Moi qui me préparais à plaider sur ce blogue, entre autres idées, en faveur d’une espèce de réapropriation de certains aspects de notre passé catholique… du moins en ce qui a trait à la reconnaissance du role positif qu’ont joué l’église et la foi catholique dans la survie et l’épanouissement du peuple Français d’Amérique pendant tant de son histoire. (Ce qui n’empêche pas de reconnaitre que dès le début du XXe siècle l’église commence à être un frein à notre développement et que rendu aux années 50, son emprise est carrément malsaine)

J’avoue que celle là, je ne l’avais pas vu venir.

Résumé: Après le dépôt du mémoire du maire de Saguenay, Jean Tremblay, à la commission Bouchard-Taylor, dans lequel il demande de «redonner sa place à la religion [catholique] dans l’espace public,» voilà que dimanche soir dernier, une messe est célébrée, explicitement en faveur du maintien de la prière à l’hôtel de ville de Saguenay. Un des organisateurs (apparemment un «agent de pastorale») tiens des propos explosif devant les caméras des médias, assemblés pour l’occasion.

La cita-clip:

Ce n’est pas pour rien qu’on fait cette célébration dans l’église du Christ-Roi: c’est que le Christ est roi, et il doit régner dans tous les secteurs de l’activité humaine, et ça comprend le secteur politique, le secteur social, le secteur économique, tous les secteurs doivent être sous la seigneurie du Christ

Moi, j’allais dire quelque chose du genre: Il serait peut-être dans notre intérêt de se repencher sur certaines des valeurs qui nous unissait sous l’Église… que dans notre hâte à se libérer du joug de cette institution, nous étions peut-être aussi allé trop vite et trop loin dans le rejet de certaines des valeurs qu’elle véhiculait. J’aurais même été aussi loin que d’avouer qu’en tant que fils de parents progressifs qui ne fut pas, mais alors là, pas du tout élevé dans la religion, (je ne suis même pas baptisé) je souffrais d’une certaine envie envers ceux qui adhèrent à de telles institutions. Il me semble qu’il y a quelque chose d’éminemment sain à ce qu’une communauté se réunisse solennellement une fois par semaine pour méditer humblement, ensemble, sur le sens de la vie et leur rôle dans la communauté…

Mais quand-même! Je suis loin (et comment!) de souhaiter le retour de l’Église avec un grand «É» dans nos institutions! Moi, je voulais juste ouvrir une réflexion visant à réviser notre réflexe de tout rejeter automatiquement du revers de la main ce qui a déjà porté son étiquette.

Sauf que maintenant, avec ces gens là sur la scène, (et je crois qu’il s’agit ici d’un autre phénomène de fond) ça sera beaucoup plus difficile pour moi de convaincre qui que se soit de mes idées en citant «le glorieux rôle de l’Église» dans notre histoire.

Zut!

Et voilà qu’après le mythe du «consensus social-démocrate» au Québec, celui du «consensus laïque» s’effondre à son tour et me force encore à réévaluer mes idées de qui nous sommes.

Dany Laferrière avance des idées intéressantes et …provocatrices sur le sujet dans son «édito» d’hier à Bazzo.tv:

D’autres réactions:
Le Gros Bon Sens préfère en rire pour ne pas avoir à en pleurer…
pendant que mb’s chaos attend l’inquisition.


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2007/09/20 14:15

Blogues, commentaires et malentendus

Cela ne fait pas très longtemps que j’ai commencé à délaisser mon obsession de l’actualité états-unienne pour me préoccuper davantage de ce qui ce passe ici, chez moi. Et je dois admettre que je suis agréablement surpris du dynamisme et de la qualité de la blogosphère québécoise. Je n’ai pas encore assez lu pour prétendre être familier avec l’ensemble des idées véhiculées par un blogueur ou un autre… Mais du coté gauche du spectre, Il y en a un qui commence à se démarquer pour moi. Il s’agit du Carnet résistant de Renart L’Éveillé.

Il a publié hier, un billet qui, ce me semble, mériterait d’être diffusé à la grandeur de la blogosphère québécoise. (Et ailleurs, pourquoi pas? Bien que Renart s’adresse aux blogueurs, beaucoup de ce qu’il dit s’applique tout aussi bien aux interactions dans les sites de «réseautage social» du genre Facebook ou MySpace)

Il y réfléchi sur la nature des conflits et malentendus qui semble être le lot de la communication par blogues et commentaires interposés. Et nous donne des pistes de réflexion quand aux différentes façons d’éviter de tels conflits qui, le plus souvent, puisent leurs sources dans des malentendus et des interprétations trop étroites de ce que «l’autre» a voulu dire (ou ne pas dire.)

Citation de mise:

Les opinions sont les opinions et le langage est toujours sujet à interprétation. À moins que ce soit clair que quelqu’un en attaque un autre, il vaut mieux poser des questions et demander à clarifier le propos dans le doute. Ça m’arrive assez souvent de douter du choix des mots de quelqu’un et c’est normal. Ce qui n’est pas normal c’est d’échafauder des liens qui deviendront de plus gros liens à partir de ça : et une possibilité de dérapage!

Lisez le billet en entier.

…et faites le circuler.


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2007/09/18 13:24

Visages de la semaine

Thomas Mulcair
Thomas Mulcair célebre sa victoire…

Stéphane Dion
…pendant que le chef du PLC, Stéphane Dion fais face à la musique après la raclée historique qu’a subi son parti hier, lors de la partielle d’Outremont.

(Photos - Mulcair: ©François Roy, La Presse. Dion: ©Presse Canadienne)


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2007/09/17 22:57

Et il n’en resta qu’un…

Jusqu’à maintenant, il n’y avait que deux médias pour lesquels j’étais prêt à défrayer des sous afin d’avoir le privilège d’accéder à la section payante de leur site Internet pour lire leurs meilleurs chroniqueurs.

Le New York Times et Le Devoir.

Maintenant il n’en reste qu’un… car le NYT (re)deviendra bientôt gratuit.

Je sais que Le Devoir n’est pas le NYT, mais combien te temps encore avant qu’il comprenne que, sur Internet, le modèle de l’abonnement payant pour accéder aux meilleures chroniques n’est vraiment pas la meilleure façon, à l’ère de la blogosphère, d’augmenter son lectorat?


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2007/09/16 21:58

Campagne de Wal-Mart au Québec

Présenté sans commentaires.

YouTube - Campagne de Wal-Mart au Québec


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2007/09/14 09:58

La commission n’est pas là pour batir des viaducs…

Le coté léger de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

À Rouyn-Noranda, cet homme ne fait pas plus confiance aux «unuversitaires» de la commission qu’à ceux qui ont construits nos viaducs… que répondra le commissaire?

YouTube - La commission Bouchard-Taylor ne fabrique pas de viaducs…


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2007/09/03 10:53

Du nationalisme canadien-français au projet souverainiste: quelle continuité?

Voici un autre article qui évoque à merveille un des axes de réflexion de ce blogue… Il était une fois, il y avait un sentiment et un mouvement nationaliste qui réunissait toute la francophonie nord-américaine qui se définissait alors comme nation «canadienne-française.» Mais dans les années 60, ce mouvement, trop empreint de concepts mal-adaptés à la modernité du 20e siècle, s’est fractionné et a donné naissance, dans son effort de revouvellement, au nationalisme civique et territorial québécois dans ces deux formes ennemies: fédéraliste et souverainiste. L’ironie est que le nationalisme canadien-anglais moderne et antagoniste des deux variantes québécoises puise aussi la majeure part de ses sources dans ce même nationalisme canadien-français d’avant les années 60!

Du nationalisme canadien-français au projet souverainiste: quelle continuité?

Guy Rocher, Professeur au département de sociologie et chercheur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal

Le Devoir, 16 avril 2007

On l’a souvent dit: la Révolution tranquille n’est pas advenue subitement en 1960; elle avait été préparée par différentes voies et diverses voix au cours des années qui l’ont précédée. Dans la même veine de pensée, il faut reconnaître que le projet souverainiste n’est pas, lui non plus, apparu par hasard et sans passé dans l’espace public québécois des années 50 et 60: il avait été préparé, et depuis bien plus longtemps que la Révolution tranquille. Il puise une partie de ses racines dans le nationalisme canadien-français de la première moitié du XXe siècle.

Je ne suis pas un historien du nationalisme canadien-français. Mais il a été l’univers politique que j’ai habité durant la première partie de ma vie. Et j’en garde un vif souvenir, parfois assez différent de ce que je lis aujourd’hui à son sujet. C’est adolescent, étudiant dans un des collèges classiques de l’époque, que j’ai connu et pratiqué ce nationalisme, sans doute comme un certain nombre d’autres individus de ma génération.

Ce nationalisme canadien-français que j’ai connu était au moins aussi canadien que canadien-français. Il était porté et inspiré par un projet canadien, par l’image d’un Canada à venir que nous espérions voir un jour se réaliser. Ce Canada rêvé serait avant tout composé de deux peuples fondateurs: le français de la première colonie et l’anglais de la conquête. Entre ces deux peuples, un contrat avait été conclu, croyions-nous, avec la Confédération canadienne, qui était censée reconnaître l’égalité de l’un et de l’autre. Cette vision allait finalement un jour, selon ce qu’on pouvait espérer, remplacer la présente domination de l’anglais, associée à l’appartenance du Canada à l’Empire britannique. Logique avec cette position, ce nationalisme canadien-français prônait l’indépendance du Canada, sa séparation d’avec l’Empire ou le Commonwealth.

Il s’agissait donc d’un projet essentiellement souverainiste et indépendantiste du pays canadien à venir. Ce Canada nouveau, il fallait activement travailler à son avènement. C’est ce que nous faisions en réclamant que disparaissent les symboles du colonialisme britannique, pour les remplacer par les signes annonciateurs d’un Canada libre et indépendant. Par exemple, nous demandions qu’un drapeau canadien vienne remplacer l’Union Jack, ou le drapeau de la marine marchande qui tenait lieu de drapeau canadien, et qu’un hymne national se substitue au God Save the King britannique.

Un Canada bilingue

Une autre condition apparaissait logiquement essentielle à la réalisation de ce projet: que ce Canada des deux peuples fondateurs se reconnaisse comme bilingue. Les campagnes pour la bilinguisation du Canada prenaient deux voies complémentaires. La première consistait à réclamer que l’administration fédérale soit entièrement bilingue: je me souviens avoir écrit de nombreuses lettres pour exiger de la part de tel ou tel ministère, et surtout de ce qui s’appelait alors le Dominion Bureau of Statistics, des documents en français et une réponse en français. À cette époque, nous pouvions écrire sans frais de poste à toute instance du gouvernement fédéral: nous ne nous gênions pas pour en profiter largement. La seconde campagne était menée en faveur de la reconnaissance d’écoles françaises hors du Québec, notamment en Ontario, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick. L’anglicisation par l’école — entre autres — des Canadiens-Français des autres provinces canadiennes nous paraissait scandaleuse et pouvait être pour l’avenir le plus grand obstacle à la réalisation du projet d’un Canada égalitaire.

Tel que je l’ai connu, ce nationalisme canadien-français n’était donc pas que canadien-français. Il était à la fois canadien et canadien-français: il était le porteur du projet d’un Canada décolonisé et de l’espoir du statut égalitaire qu’y occuperaient les Canadiens français. Par ailleurs, ce nationalisme canadien-français n’avait aucune teinte d’antisémitisme. Je me souviens, par exemple, que dès qu’il circula parmi nous, nos professeurs dénoncèrent vivement le Protocole des sages de Sion comme un faux, d’inspiration antisémite. Par ailleurs, ce nationalisme s’accompagnait d’un catholicisme conservateur. Nous appuyions Franco dans la guerre espagnole et vénérions Pétain. Le conservatisme social cohabitait avec le nationalisme sans que, dans nos esprits, l’un soit essentiel à l’autre.

Les rejetons du nationalisme

Le nationalisme canadien-français a sans doute été le mouvement politique le plus important, le plus puissant du Québec du début du XXe siècle, sinon avant. Et il est toujours vivant, tout en se transformant comme tout ce qui est vivant. Il compte plusieurs rejetons: j’en identifie quatre. Il a d’abord été un des principaux facteurs de l’éclosion et de l’expansion du nationalisme canadien, maintenant triomphaliste. Le rêve canadien-français d’un Canada indépendant s’est réalisé, sans doute en lien avec d’autres facteurs, notamment l’antiaméricanisme puissant qui régna dans une partie de l’intelligentsia canadienne-anglaise des années 60 et 70.

Le rêve nationaliste canadien-français d’un grand Canada assez accueillant pour nous accommoder, celui de ma jeunesse, a survécu et survit toujours: c’est le deuxième rejeton. On le retrouve chez les Québécois francophones qui se disent à la fois «fédéralistes» et «autonomistes», promoteurs des intérêts du Québec, tenants du caractère distinct, voire de l’autonomie de «la Belle Province».

La Révolution tranquille et ses suites ont été un troisième rejeton du nationalisme canadien-français: menée sous le signe du «maître chez nous», elle disait clairement l’aspiration longtemps contenue de la prise en charge de l’économie du Québec à la fois par un État québécois fort, par une jeune bourgeoisie qui découvrait ses ambitions et ses potentialités et par un syndicalisme militant.

Enfin, le projet souverainiste, apparu au moment où éclate la Révolution tranquille, fut et demeure un héritier du nationalisme canadien-français qui l’a préparé. Il a pu paraître lui tourner le dos, comme aujourd’hui encore, mais il est indubitable qu’il s’en est nourri. Quand, à ses débuts, il proclamait «le Québec aux Québécois», il voulait dire «le Québec aux Canadiens français».

Mais surtout, le mouvement souverainiste a progressivement rallié un nombre croissant de militants de toutes origines qui prenaient progressivement conscience que le rêve canadien-français du Canada s’avérait définitivement illusoire. Dans le Canada en voie de réaliser son indépendance, les Canadiens-français perdaient sans cesse du terrain: le thème des deux peuples fondateurs était à jamais rejeté, le biculturalisme remplacé par le multiculturalisme, les pouvoirs centralisateurs du gouvernement fédéral renforcés, les «cadeaux» fédéraux toujours et plus que jamais attendus. Avec l’apport de l’immigration, la minorisation des Canadiens français dans ce nouveau Canada était inéluctable, et d’autant plus inacceptable qu’elle signifie à plus ou moins long terme une évidente perte de pouvoir politique tandis que se profile à l’horizon la menace d’une extinction en douceur.

Jusqu’à l’indépendance

C’est une telle analyse qui menait à ce qui est apparu la seule solution logique: faire du Québec le pays qui remplacera le rêve canadien; échanger le statut indéfiniment minoritaire au sein du Canada pour celui de majoritaire dans un Québec indépendant. Une partie de l’énergie combative du nationalisme canadien-français en faveur d’un nouveau Canada s’est redéployée dans le jeune projet indépendantiste québécois.

Le mouvement indépendantiste a eu beaucoup à faire pour se dégager de l’étiquette ethnique qu’on n’a cessé de lui accoler. Il a donc eu tendance, et de plus en plus, à prendre ses distances du «vieux» nationalisme canadien-français, comme s’il lui fallait en récuser l’héritage. Et pourtant, la filiation est bien évidente, à la condition de ne pas voir dans le souverainisme d’hier et d’aujourd’hui un clone du nationalisme canadien-français. En adoptant le Québec comme pays, le souverainisme a ouvert la notion du Québécois d’une manière que l’on dit «inclusive»; la survie du français ne passe plus par le bilinguisme canadien mais par la Charte de la langue française.

Il faut le reconnaître: le projet de l’indépendance du Québec n’a de sens que s’il est fondé dans la continuité avec ce passé, encore bien récent, et sur lui. Ce n’est pas dans le reniement de ce passé, auquel on reconnaît les ambiguïtés de son temps, qu’il peut trouver son épanouissement. La clé de voûte d’un Québec souverain est d’abord la tradition française enracinée et adaptée au Québec, enrichie par la dynamique des interactions qu’elle a connue dans le passé et continue de connaître avec toutes les autres cultures qui l’accompagnent et s’y associent.

Je suis à la recherche des éléments ou des bases autour desquels pourrait se former un nouveau sentiment d’appartenance, un mouvement d’affirmation, un nationalisme même, qui réunirait toute la francophonie nord-américaine. Car je crois que dans le paysage mouvant de la mondialisation et de la démocratisation de l’information que nous annonce l’avenir, dans ce monde ou l’État perd de plus en plus son rôle en tant que pôle central de l’identité collective, il est impératif de réunir la nation francophone d’Amérique autour d’une idée commune de son destin qui transcende la simple notion de souveraineté de l’État québécois.

C’est là, à mon avis, que se trouve la clé, non pas de la survivance de cette nation, mais de son épanouissement.


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